‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 293 sur 318 · Voy.plus loin, liv. VU, c)iap. i · texte numérisé non relu

Voy.plus loin, liv. VU, c)iap. i

les noms qui vienaent les premiers sont composés. Les mots des langues barbares sont très-longs , parce qulls sont très-complexes. Les formes du verbe grec sont généralement plus Ion* gués que celles du nôtre. Ce n'est pas, comme on Ta cru, le nom personnel qui s*est mêlé au radical pour former le verbe grec, c*est au contraire le verbe qui peu à peu s*est décomposé comme la pensée elle-même , et a laissé distinguer le radical comme signe de Faction , et la finale comme signe de la personne; de sorte que, dans l'ordre de la production , les noms personnels sont postérieurs aux verbes K Dans la langue wolofe, le rapport d'attribution se rend par trois cas différents, selon que l'attribution est passée, présente ou future ; les substantifs de cette langue ont donc trois datifs. De plus , le pronom relatif a pour radical la lettre initiale du substantif auquel il se rapporte , et il s'établit ainsi un rapport plus frappant entre le substantif et le relatif qui le représente. Comment ce peuple barbare a-t-il pu inventer par le raisonnement des formes si diverses'?

Chaque vocabulaire, suivant le calcul de Vico, comprend environ trente mille mots qu'il faut multiplier par toutes les désinences dont ils sont susceptibles, si l'on veut se faire une idée du matériel d'une langue. Quel est celui de ces barbares qui a instruit les autres? Comment a-t-il pu les surpasser par tant de génie? Comment ses disciples ont-ils pu retenir tant

1. Ainsi ce n'est point le pronom Sy», qui s'est combiné, par exemple, avec le radical çiX, pour former tpOMù; c'est au contraire çiXéo), qui s'est décomposé et a laissé détacher de son radical la finale qui est devenue le pronom personnel.

2. c Dans les langues de VAmérique du Nord une proposition entière se décline comme un substantif.

« Le groëniandais parait être la plus complexe des langues. Toutes les par^ lies du discours s'intercalent dans le verbe ; par exemple : Aglek-pok, il écrit; — Agleg-iarlor-pok , U écrit là; ~ Agleg-iartor-arnar-pok, il écrit là vile; — Agleg-kig-4arlor-ariiar-pok, il écrit là vite de nouveau;— A glegkig-iarlor-arnar-niar-pok , U tâche d'écrire là vite de nouveau. Les phrases ainsi insérées dans le verbe se eonjuguent eomme un verbe simple. 11 y a autant de synonymes pour exprimer le verbe pêcher qu'il y a de poissons, objets de la pèche. »

(Balbi, Atlas ethnographique, %xxm* tableau.] Voy. aussi Mémoire sur le système grammatical des langues 4e quelques nations indigènes de VAméri^ que du Nord^ par M. Duponceau, Paris, 1838.

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de mots , si ces mots sont arbitraires et n'ont aucun rapport avec les choses qu'ils expriment * ?

S'ils se sont tous mis à travailler à cette merveilleuse invention, combien de jours n'ont-ils pas dû passer dans celte œuyre, et comment, pendant ce temps, ont-ils pourvu aux besoins de leur vie? Nos académies ne composent point de langues , elles ne font que les enregistrer, et des siècles se passent avant que leur travail s'achève. Si les barbares ont imaginé les merveilles du verbe , ces formes savantes qui expriment Taction, la passion, le mode et les conditions de Tune et de l'autre, le nombre des personnes qui agissent ou qui reçoivent l'action , leur rôle d'auteurs du discours ou d'auditeurs , leur présence ou leur absence , et quelquefois leur sexe , ces prépositions qui expriment le lieu, le temps, et le rapport de cause et d'eflfet, ces relatifs qui, pour rappeler les substantifs, en empruntent la première lettre; s'ils ont imaginé toutes ces délicatesses du langage , s'ils ont produit ces chefs-d'œuvre d'expression , ils doivent être de merveilleux ouvriers dans tous les arts. Leur architecture doit être

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