Voy.plus liaut, p
LES CROYANCES. ÔOS
Les uns nous sont fournis par Finduction, les autres viennent d'une source différente, que nous nous proposons actuellement de faire connaître.
La conscience nous atteste que nous produisons certains changements dans notre âme par la volonté, et dans notre corps par la faculté motrice. Le pouvoir qui produit des changements ou qui fait exister ce qui n'existait pas d'abord , est ce que nous appelons une cause. La faculté motrice est déterminée à Faction, tantôt par notre volonté, tantôt par un sentiment ou un besoin ; son action est donc un effet avant d'être une cause. La volonté est en nous la seule cause première , c'est-à-dire la seule cause qui se détermine par ellemême. 11 arrive de là que tous les changements qui n'ont pas été produits par notre volonté , soit en nous-mêmes , soit dans la nature extérieure , nous les attribuons en vertu de l'induction * à des volontés semblables à la nôtre. Avant que les hommes eussent remarqué Tordre et le concert de toutes les parties de ce monde , ils en attribuaient les différents mouvements à des volontés distinctes, c'est-à-dire à des dieux différents : le cours du soleil à Phébus , celui de la lune à Diane, le soulèvement de la mer à Neptune, la marche des fleuves aux Naïades, l'accroissement des arbres aux Dryades , etc. Lorsque la science fît des progrès , et qu'on s'aperçut que la terre , l'eau , l'air et le feu du soleil sont appropriés aux plantes; que les plantes et tout ce qui précède sont en rapport avec les animaux ; que les éléments , les plantes et les animaux sont comme préparés pour les usages de l'homme , on ne supposa plus dans la nature qu'une seule volonté ou une seule divinité.
Quelques-uns, pour des raisons que nous exposerons tout à l'heure , proposèrent de ne voir dans la nature qu'un jeu fortuit d'éléments aveugles; mais ils allaient contre la force de l'induction et ils offraient aux hommes un système qui n'a point de base dans l'esprit humain. En effet, nous ne faisons rien par hasard; nous nous proposons toujours une fin