‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 303 sur 318 · Ibid,^ t. IX, p · texte numérisé non relu

Ibid,^ t. IX, p

516 LITRE SIXIÈME, SECTION TaOlSlBME.

un des obstacles qui font trébucher notre raison dans ses jugements sur la divinité. Voici comment Platon essaye de concilier le mal avec la bonté de Itieu : « Le mal , dit-il , est nécessaire comme contraire du bien ; il ne peut exister chez les dieux ; il doit donc habiter ce monde et notre nature mortelle. C'est pourquoi nous devons nous hâter de fuir d'icibas ; cette fuite, c'est Fimitation de Dieu autant qu'il nous est possible ^ L'imitation de Dieu, c'est la justice et la sainteté unies à la raison *. » Ainsi Platon aima mieux borner la puissance de Dieu que d'altérer sa bonté , et il rejeta le mal sur le compte du destin ou de la nécessité. C'est dans le même esprit qu'il dit encore : « Il faut distinguer deux genres de causes : l'une nécessaire , l'autre divine ; chercher en tout la cause divine, pour posséder la vie heureuse, autant que notre nature peut la recevoir, et chercher aussi la cause nécessaire, parce que nous ne pouvons les comprendre isolément et Fune sans l'autre.... Ainsi, comme nous l'avons dit, toutes les choses étant en désordre, Dieu mit de l'harmonie en chacune d'elles et entre elles autant que cela clait possible '. » Indépendamment du mal qui vient de la nécessité , Platon eu signale un autre qui naît de nos fautes , et enfin un troisième qui est l'épreuve de la vertu. « Ne conviendrons-nous pas , dit-il , que tout ce qui vient de la part de Dieu à celui qu'il aime esL aussi bon que possible , à moins qu'un mal nécessaire ne lui soit venu de ses fautes passées. II faut donc admettre que si le juste est dans la pauvreté ou les maladies , ou dans quelque autre de ces maux apparents, cela lui tournera à bien soit pendant sa vie , soit après sa mort , car il n'est jamais abandonne des dieux, celui qui s'efforce de devenir juste et de ressembler à Dieu par la vertu, autant qu'il est donné à l'homme \ » Platon démontre l'intelligence de la cause suprême par l'idée de l'être parfait. « Nous laisserons -nous facilement persuader, dit-il, que le mouvement, la vie, l'âme, la pensée n'appar-

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