‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 308 sur 318 · Métaphysique^ liv. XII , chap. x, à la fin · texte numérisé non relu

Métaphysique^ liv. XII , chap. x, à la fin

Les stoïciens disaient que Dieu est la cause immanente de toute forme et de toute proportion , la raison et la loi suprême ^ Cicéron fait dire à Balbus le stoïcien : « S'il y a des Dieux, ils sont excellents*. » Il ajoute ailleurs : « Il faut avant tout que les citoyens soient persuadés que les Dieux sont les maîtres et les modérateurs de Tunivers, que toutes choses s'accomplissent par leur pouvoir, leur règle et leur providence; que leur parfaite bonté s'étend sur le genre humain, qu'ils connaissent chacun de nous, ses actions, ses pensées, ses intentions, la nature intime de sa piété et qu'ils font acception de l'homme pieux et de l'im* pie '. »

Dans les temps modernes , Descartes a bien compris que la perfection de Dieu n'est pas le fruit du raisonnement, mais l'objet d'une idée primitive ; il prend cette idée comme un principe, et en fait le fondement de plusieurs de ses démonstrations : « Les preuves prises des effets pour démontrer l'existence de Dieu, n'ont de valeur, dit-il, que si l'on y joint l'idée primitive de l'infini *. » — « J'entends, ajoute-t-il, par substance inflnie , un être ayant toutes les perfections et par conséquent, un être positif et non pas négatif ^ » De la perfection divine , Descartes dérive la plupart des attributs de Dieu : son unité, son indivisibilité, son éternité, sa souveraine puissance et indépendance, son infaillibilité. « Les lois du monde, dit-il encore, ont une nécessité fondée sur la perfection divine ' ; » ainsi la perfection de Dieu sert à prouver tous les attributs divins , mais Descartes ne songe pas à prouver la perfection divine.

Bien plus, il essaye de faire sortir de l'idée de la perfection divine l'idée de l'existence même de Dieu. Il avait sans doute

1 Cicéron, Questions académiques cl de la Xature des Dieux, Diogène de Laërte, Vie de Zenon,

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