ïhid. Troisième semaine, 3* élévation
LBS CROTANCES. 525
Leibniz ne fait pas non plus ressortir la perfection de Dieu des effets produits par cette cause , mais , tout au contraire , il afQrme la bonté des effets sur la foi de la bonté de la cause. Pascal et Nicole avaient déjà dit : Dieu est la cause de toutes choses, des biens et des maux, excepté le péché* : Leibhiz accepte cette proposition , et il cherche à conciher l'existence du mal avec la bonté de Dieu *.
L'idée de la perfection divine est donc une idée a priori^
antérieure à Texpérience. Quelle que soit la beauté des effets
que nous découvrons dans ce monde , nous supposons toujours
que la sagesse et la grandeur de Dieu sont au-dessus des
preuves que nous venons d*en découvrir. Linnée, après avoir
contemplé les harmonies de la nature , se gardait bien d*y
voir toute la splendeur divine ; il se contentait de dire : « Je
viens de voir un instant Dieu par derrière. » C'est ainsi qu'il
n'était pas donné à Moïse d'apercevoir Dieu face à face. « Dieu
dit : Tu ne pourras pas voir ma face , car nul homme ne peut
nie voir et vivre.... Et quand ma gloire passera, je le mettrai
• dans la caverne , et te couvrirai de ma main jusqu'à ce que je
sois passé; puis, je retirerai ma main, et lu me verras par
derrière, mais ma face ne se verra point •. » Les païens
ont caché une vérité semblable dans la fable de Jupiter et
Scmélé.
L'affirmation spontanée et gratuite de l'esprit humain tou-
. "chant la perfection divine, n'a pas échappé à la perspicacité de
: / David Hume. Cet habile philosophe a bien vu que l'idée de la
^'i'perfection divine n'est pas une conclusion dont les prémisses
•\^.§oient posées dans ce monde ; mais il a eu le tort de dire que
^-'l&est par flatterie que les hommes conçoivent une aussi haute
;: idée de la grandeur , de la puissance et de la bonté de Dieu.
«En raisonnant de l'effet à la cause, il faut proportionner la
:j9econde au premier» D'un tableau de Zeuxis on conchrt le
talent du peintre et non le talent du statuaire. En accordant
I. l*ascal, Pensées, édit. Faug., 1. 1*% p. 17 el ô9. Nicole, Issais de morale^ édil. 1755, l. I", p. 78.