‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 33 sur 318 · Voy. plus loin, même livre, secl. II, ch. i · texte numérisé non relu

Voy. plus loin, même livre, secl. II, ch. i

70 Livii siuian , siCTfoii frimièai.

est donc mortelle aut fausiês ptt^eptions ; elle eet, au con« traire, lalutaire aux véritablei : plus Tatteiition ett én«rgiquei plus la vraie perception se prononce^ se détermine, «e fortifie ; plus son objet parait extérieur et se distingue de TAme qui le perçoit. La distinction entre le rêve et la perception qui se fait d'abord spontanément, sô confirme donc par Tattention.

De plus, si Ton examine les objets qui font illunon dans le songe, on s'aperçoit que, comme ceux de la rêverie, ils ont été fournis par une perception précédente. Il peut y avoir dans le rêve, comme dans la rêverie, des conceptions purement idéa?^ les , mais celies-^là ne nous ti*ompent pas ; leurs objets ne paraissent Jamais extérieurs à la pensée qui les contém«> pie; nous parlons seulement des conceptions du rêve, qui sem«blent des perceptions parce que la vraie perceptiou est absente. En examinant les objets de ces conceptions, on trouve qu'ils ont été précédemment perçus dans l'état de veille, qu'ils le présupposent, et qu'en conséquencei loin que le rêve puisse être une objection contre la perception véritable, au contraire, il la confirméi et il en serait la preuve au besoin.

Enfin, potur démontrer que chacun distingue naturellement la perception d'avec le rêve, nous en appellerons au langage que les sceptiques parlent comme tout le monde. ObserVei-les lorsqu'ils ne sont pas sur leurs gardes, lorsqu'ils ne songent pas à élever des objections contre les sens extérieurs : vou^ les entendrez parler comme tous les autres de leurs rêves et de leurs perceptions ; ils connaissent donc aussi la marque nalu» relie qui les distingue.

Nous arrivons maintenant à ces rêves que Ton forme tout éveillé, et qui durent quelquefois jusqu'à la fin de nos jours* c'est-à-dire aux illusions de la folie. La gradation est facile à suivre de la simple réminiscence à la rêverie, de la rêverie au rêve, du rêve à la folie. Entre tous ces états, il n'y a qu'une différence de degré ; le savant qui s'attache à la contemplalion de ses pensées et qui devient insensible aux objets extérieurs, peut être considéré comme en proie à une courte folie ; l'homme qui se laisse prévenir par quelque passion, qui

LIS PlRCBPTIONt OU LA PUHttRI PAtTll Dit GONNAISSÀNGIS. 71

juge mal dei objets oMitériels ou des act^ moraui, est déjà dans un dérangement d'sSprit, et le fou qui peuple son imagination de chimères et de fantômes, n'est qu'à Téxtrémité de la route où le savant et Thomme prévenu ont déjà mis le pied. Une opinion exclusive, un faux système ne diffèrent souvent de la folie que parce qu'ils restent dans la sphère de la spécu*lation. Quelques personnes n'échappent au reproche de folie, que parce que leur conduite n'est pas conséquente à leurs principes» C'est ce qu'on peut dire des philosophes qui prétendent douter de l'existence du monde matériel, du témoignage de leur conscience, de la connaissance naturelle du bien et du mal. Puisqu'il n'y a qu'une différence de degré entre la réminiscence, la rêverie, le rêve, la prévention, le faux systè^ me et la folie, les moyens que nous avons de distinguer la rè* varie et le rôve d'avec la perception, sont les mêmes qui nous serviront à distinguer la perception d'avec la folie.

Si l'on considère que la perception des objets extérieurs matériels est liée à l'impression organique exercée sur les ner&y et que la conception ou la représentation mentale des mêmes objets est liée à l'impression organique exercée sur le cerveau ^ , on comprendra que des causes physiques venant déranger les organes, pourront aussi troubler l'exercice de la réminiscence, et rendre certaines conceptions comme immobiles et toiqours présentes à l'esprit. Les causes physiques peuvent donc déterminer la folie, mais elles sont beaucoup moins fréquentes que les causes morales ^ La folie est Une série de conceptions fixées dans l'esprit quelquefois par un dérangement des organes, mais la plupart du temps par la passion. Le fou est le plus ordinairement l'homme chez lequel une passion est devenue si forte que les conceptions relatives à cette passion sont pour ainsi dire clouées dans son intelligence. Aussi, peut-on classer les différents genres de foUcs suivant les divers genres de nos inclinations'.

1. Voy. la Psychologie et la phrénologie eomparéet, par Adolphe Garnier, p. 129-139.

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