‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 37 sur 318 · Pinel, ioc. cit · texte numérisé non relu

Pinel, ioc. cit

4. Esquirol, ouv. cUé> t. U,p. 107, 109, 113, 11&, 119, 130, 123, 13S, si plus haul,l.l*% p. 106.

5. Esquirol, ouv. cité^ t. Il, p. 84. Voy. aussi la Psychologie et la phr^ologie comparées, par Ad. G. , p. 381-285.

LES PnCBPTIONt Oa U PltHlÉAI PARTII DEt CONNAISSANCES. 75

C'ttt dono UM pairiOD prédooiiiiiiite qui détermine le plus conitammiDt là folie. Cette passion arrête dans l'esprit les conceptions les plus propres à le flatter, et rhomme agit en conséquence de eette préoccupation. Le fou ne déraisonne que sur le sujet qui l'intéresse ; sur tout autre il est sain d'esprit et il s'aperçoit de la folie des autres^ C'est pour indiquer cette fo^ lie exclusive que les médecins ont créé le mot de fntmonurnUK Ils réservent le nom de manié ou de folie générale à un état beau* coup plus rare , où le malade déraisonne sur tous les sujets *. Dans ce dernier état, le fou n'est pas sujet aux visions; il ne méconnaît pas ses perceptions ; il prend seulement ses opi« nions pour des souvenirs, et son esprit flotte de rôve en rêve sans s'arrêter nulle part. Pour le ramener au bon sens, il faut tfldier de fixer son attention sur un objet qui la retienne ; tan-» dis que pour guérir le monomanê il faut détourner son atten« tkm de l'objet qui la captive \

Si la foÛe résulte du dérangement du cerveau, qui est Torgane des conoeptions, la guérison de la folie tient à oelle de l'organe ; si elle résulte de Texcès d'une passion, elle dieparait quand la passion s'apaise. Dans aucun cas, la folie n'oillre aucun motif de rejeter ou de révoquer en doute l'existence des objets extérieurs. Si elle résulte du mauvais état de l'or^ gane, l'organe lui-même étant un objet extérieur, comment pouTrait-il fournir l'occasion de nier le monde matériel? Quant à la folie qui provient d'une suite de conceptions fixées par la passion, et c'est le cas le plus ordinaire, nous allons montrer que ces conceptions se distinguent naturellement de la perception ; que le fou établit lui*méme cette distinction spon« tanément ; que l'attention la confirme ; que la folie emprunte aussi ses éléments à des perceptions précédentes et par consé* quent prouve ces perceptions , et qu'enfin ceux qui veulent se faire une arme de la folie contre la perception, reconnaissent eux-mêmes la distinction qui existe entre l'une et l'autre.

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