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(le cette erreur, les philosophes s'étaient divisés en deux classes : Tune qui pensait que l'existence du inonde matériel était douteuse et avait besoin d'êlre démontrée ; l'autre qui regardait cette existence comme chimérique, et déclarait que le monde matériel n'existait pas.
Occupons - nous d'abord de la première classe. Platon, s'éloignant de l'enseignement de Socrate, qui n'avait pas songé à révoquer en doute la certitude des sens extérieurs S est tombé dans quelques contradictions sur la valeur de celte source de connaissance. Dans la plupart de ses écrits , il regarde les sens comme des causes d'erreur et comme des obstaclés à la libre action de l'âme. Nous avons déjà observé qu'il confond sous le nom de sensations* la vue, l'oiue, l'odorat, le plaisir, la peine, le désir, la crainte ^ c'est-à-dire la perception et l'affection agréable ou désagréable, deux phénomènes, dont l'un saisit la réalité extérieure et dont l'autre est un fait purement intérieur à l'âme, qui n'implique pas la présence de l'objet externe. II dit aussi : « La grandeur vue de près ou de loin ne parait pas la même ; les objets courbes ou droits, les surfaces concaves ou convexes ne sont pas les ménies pour qui les voit dans l'eau ou hors de l'eau \ » « Le corps, ajoutct-il, est un obstacle à l'acquisition de la science. La vue et l'ouïe offrent-elles quelque vérité aux hommes? Les poètes n'ont-ils pas raison de répéter que nous ne voyons et n'entendons rien avec exactitude ? Si ces deux sens ne sont ni exacts, ni clairvoyants, les autres auront peine à l'être; ils sont tous plus imparfaits que les deux premiers '. » Enfin il dit encore : « Loin que les choses soient ce qu'elles paraissent à nos sens, nos sensations sont trompeuses dans les songes, dans les maladies, dans la folie. Nous n'avons aucun signe certain pour distinguer l'état de veille d'avec le sommeil. Estce le plus ou moins de durée de l'un ou de l'autre qui déci-