‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 43 sur 318 · Voy. plus haut, l. I", p. 46, cl l. II, p · texte numérisé non relu

Voy. plus haut, l. I", p. 46, cl l. II, p

4. Rép. X, édil. H. Ë, l. II, p. 602 ; édil. Tauch., l. V, p. 360, 361. ô. Phédon, édiU H. E., t. !•% p. 65, a; édit. Tauch., t. !«, p. 112.

LES PERCEPTIONS OU LA PREMIÈRE PARTIE DES CONNAISSANCES. 8t

dera de la vérité *? » Ainsi raceusalion contre les sens était complète dès le temps de Platon. Les siècles postérieurs n'ont fait que varier les exemples des prétendues erreurs qu'on leur impute.

Platon laisse cependant échapper quelques aveux en faveur de la véracité des sens ; il convient que si ce n'est pas la même chose d'entendre les sons d'une langue et de comprendre cette langue, de voir les lettres et de connaître ce qu elles signifient, nous connaissons cependant par la vue la couleur et la forme des lettres, et par l'ouïe les sons graves ou aigus *. « La vue, dit-il ailleurs, ne nous a jamais montré qu'un doigt fût le contraire d'un doigt*. » Il célèbre ainsi les mérites de la vue et de l'ouïe : « Le speclaclc du jour et de la nuit, de la révolution des astres donne lieu à la recherche des causes de l'univers. Dieu nous a donné la vue, afin que, contemplant le gouvernement de rintelligéucc dans le ciel, nous le prissions pour modèle du gouvernement de rintelligcncc en nousmêmes. Ce sont deux empires du même genre, quelque distance qu'il y ait entre l'imperfection et la perfection... L'ouïe et la voix nous ont été accordées dans le même dessein : l'harmonie des sons est semblable à celle des mouvements de notre Ame , pour qui use avec intelligence du commerce des muses. L'harmonie n'est pas destinée, comme on le croit aujourd'hui, à causer un frivole plaisir, mais les muscs nous l'ont envoyée comme une [alliée secourable, qui meltra d'accord les mouvements désordonnés de notre âme. Les muses nous ont encore donné le rhythme pour régler les pas qui sont naturellement sans mesure et sans grâce *. » Toutefois, dans les opinions de Platon sur les sens, les aveux favorables ont été moins remarqués que les accusations, et toute son école a gardé une grande défiance et un grand mépris pour les enseignements des sens extérieurs.

1. Thééiète^ édil. H. E., 1. 1«, p. 159, a;éd. Tauch.,t. I",p. 251.

2. Ihid., édil. H. E., t. !•% p. 163, c; édit. Tauch., t. !•% p. 2G0.

3. nép. vu, éilil. H. E., l. Il, \\ 5'23, e; édil. Tauch , l. V, p. 259.

4. Timée, édit. H. E., t. UI, p. 47 ; édit. Tauch., t. VU, p. 40 el 41.

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S 2. Théorie d'Aristote.

Telle n'a pas été la doctrine d'Aristote. Cet habile obe^rvateur a reconnu presque toutes les lois qui règlent Texerdce des sens. Protagoras avait dit que la sensation était un phénomène purement intérieur ; que dans le rêve et la folie, ells avait autant de réalité que dans l'état de veille ; que chaque chose était ce qu'elle paraissait à chacun ; qu'il n'y avait pas un être sentant et un objet senti, mais une sensation» phénomène indivisible où Tâme et l'objet extérieur se confondaient, et qu'ainsi la certitude se renfermait dans la conscience^ « L» sensation ou l'acte de sentir , répond Aristote , dépend de l'objet senti ; la faculté de sentir n'en dépend pas. Les premiers physiologistes n'ont pas bien traité de cette matière, lorsqu'ils ont dit que, sans la vue, il n'y a rien de blanc ni de noir, et sans le goût, point de saveur. Ils ont raison quant au fait de la sensation ; ils ont tort quant à la faculté de sentir et à la propriété d'être senti. La sensation est un certain accord entre l'organe et Tobjet senti ; ce qui dépasse cet accord blesse l'organe ou le détruit*. » Ailleurs, il ajoute . « La sensation n'est jamais trompeuse, c'est la conception seule 'qui nous trompe. Nous devons nous étonner qu'on ait mis en doute si les grandeurs et les couleurs sont telles qu'elles apparaissent à ceux qui sont éloignés ou à ceux qui sont proches , à ceux qui sont en bonne santé ou à ceux qui sont malades; si le poids est tel qu'il parait à la faiblesse ou à la force ; si la réalité se montre à ceux qui rêvent ou à ceux qui sont éveillés. Il est clair qu'en parlant ainsi, on ne pense pas ce qu'on dit, car on ne voit pas que quelqu'un , après avoir rêvé en Afrique qu'il est à Athènes, se mette en marche pour TOdéon. De même que, touchant une maladie, on ne regarde pas conuneégales l'opinion du médecin et celle de l'ignorant, de même

1. Plalon, Théëtète,éé, H. B., l. I", p. \bU\19} éd. Tauch., t. I* p. 241-

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