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LES PIRCBPTIONS Of& LÀ PASM^ÈRi PARTfE Dt^ CONNAISSANCES. ^3
touchant une sensation on met une différence entre celui qui réprouve et celui qui ne l'éprouve pas, entre lé sens qui fa reçoit et le sens voisin. Sur la couleur, on cotisulte la vue et non le goût; siïr la saveur, le goût et non la vue. Auctin de nos sens ne dit en ïnème temps sur lin seul objet les deux contraires, même en des temps différents. Les sens jugent bien dd rapport de Fobjet extérieur et de l'organe : ils pettvént sfè troniper seulement sur Celui des deux termes qui aura changé. Par exemple, le même vin, soit qu'il ait changé lui-mêtne, soit que l'organe dû goût ait changé, paraîtra tantôt doux et tantôt amer ; mais la douceur, tant qu'elle existera, ne paraîtra pas l'amertume : elle dira toujours la vérité sur elle-même, et nécessairement elle sera toujours la douceur. Ceux qui nient ces vérités, nient qu'il y ait aucune substance en soimême, et qu'il y ait rien de nécessaire , car le nécessaire ne peut être de deux façons différentes. S'il n'existait que la sensation, là où il n'y aurait pas d'être animé , il n'y aurait rien, puisqu'il n'y aurait pas de sensation. Qu'on dise que là où il n'existe pas d'objet sensible, il n'y a pas de sensation, on a raison, car la sensation est la modification de l'être sentant; mais qu'on prétende que là où il n'y a pas de sensation, il n'y a pas d'objet capable de la produire , cela n'est pas raisonnable. La sensation n'est pas la sensation d'elle-même, mais dé quelque chose dont l'existence précède celle de la sensation, car ce qui meut est antérieur à ce qui est mù^. »
Nous citerons encore un excellent passage où Âristote établit le fait de la perception comme il doit être établi. « Quelques-uns se demandent quel est Fhonune saitl et l'homme malade, quel est le fou et Thomme de bon sens, relativeiïient à l'existence des objets extérieurs. C'est se demander si noms rêvons ou si nous sommes éveillés. Ils s'imaginent qu'on peut rendre compte de tout; ils cherchent un principe, et ils veulent le trouver par une démonstration. Du reste, leur conduite montre assez qu'ils n« sont pas eux-mêmes persuadés de leur objection. Ils cherchent une raison de ce qui n'a