Voy. plus haut, 1. 1"*", p
04 LIVRE SIXIÈME, SECTION PRtiUltRlf.
ira instant donné, représente ou exprime, c'est le mol de Leibniz, Tétat de toutes les autres substances ; et cette expression de Tétat de toutes les substances par l'état d'une seule, est ce qu'il appelle la perception. Nous ne voudrions pas affirmer que Leibniz n'ait pas entendu quelquefois par perception une impression que reçoit une substance par suite de raction des autres , comme lorsqu'il dit que notre corps est toojoors frappé par les antres qui TenTironnent^ ; et lorsqu'il parle des impressions qu'on reçoit dans l'état de léthargie * ; mais ce sont là des aveux ou au moins des mots qui lui échappent ; h doctrine à laquelle il attache le plus d'importance est celle de l'incapacité où sont les substances d'agir les unes sur iesanitres. D'après cette doctrine, « nos perceptions conbiseSy qui tiefnneni même de l'infini, ne sont que des expressions du détail de ce qui arrive datisles corps... L'âme n'est jamais privée du secours de la sensation, parce que la sensation exprime toujours sotf corps *. » Ainsi, la perception est une simple représentation de l'état des autres substances ; elle ne saisit pas, elle ne connaît pas les autres existences, elle les peint. Il n'est plus possible dcf distinguer ici entre la perception véritable et le simple souvenir, entre le rêve et l'état de veille, l'état de raison et la folie ; ce sont autant de perceptions, suivant le langage de Leibniz, qui doivent exprimer aussi bien les unes que les autres Tétat correspondant de toutes les substances de l'univers. Hais, conune nous l'avons déjà dit, cette théorie conduit à l'anéantissement du monde extérieur. Leibniz se défie de ses sens, et il ne vent pas admettre l'existence du monde matériel sur leur seul témoignage ; il pense que ce monde n'agit pas sur l'âme, et qu'elle accomplit tous les actes que nous montre la conscience, sans aucune action du monde des corps : à quoi sert donc ce monde ? Pourquoi en supposer l'existence , puisque les sens ne l'attestent pas, et qu'il n'est d'aucune utilité pour l'esprit*?