‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 62 sur 318 · Voy. même chapitre · texte numérisé non relu

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4* Traité des sensations, V édit., t. Il, p* 202.

ils le suppriment et ne s'efforcent pas de le remplacer par des suppositions plus ou moins hardies, mais qui ne peuvent être plus évidentes que Tévidence qu*on a méconnue.

Dans l'antiquité grecque, une partie de Técole d'Élée était arrivée à nier tout à fait l'existence des corps. Elle y avait été conduite par les prétendues erreurs des sens , et par des raisons plus profondes sur lesquelles nous reviendrons en traitant de la notion de l'espace ^ Dans les temps modernes, le premier qui proclama hardiment les conséquences des principes généralement admis sur les sens extérieurs, ce fut Berkeley, évéque de Cloyne, en brlande. La philosophie la plus répandue admettait que l'esprit ne percevait pas les objels euxmêmes, mais des êtres représentatifs^ selon l'expression d'Ârnauld. La critique de ce dernier philosophe n'avait pas été assez remarquée, et n'avait d'ailleurs pas détruit les objections sur les erreurs des sens, sur la prétendue impossibilité de distinguer l'état de veille et de raison d'avec le rêve et la folie. Locke affirmait que l'âme ne conmiunique pas avec les objets eux-mêmes. Malebranche et Leibniz expliquaient les phénomènes de la perception, Tun par des idées en Dieu, l'autre par des idées dans l'âme ; il était clair qu'on ne pouvait admettre plus longtemps l'existence d'un monde matériel que personne n'avait vu, qu'on ne pouvait même pas voir, qui, s'il eût existé, n'aurait servi à rien. Berkeley déclara donc que le monde matériel n'existait pas, qu'il n'y avait de réel que Tâme de l'homme et Dieu qui était la cause de nos idées. Les idées sont plus ou moins vives : celles qui ont beaucoup de vivacité sont appelées l'état de veille ; celles qui en ont moins, le souvenir ; moins encore, la conjecture, l'opinion, la rêverie,^, le rêve. Berkeley fut tellement persuadé de cette opinion qu'il la regarda comme universelle et populaire. Personne, suivant lui, ne croyait plus à l'existence des corps ; quand nous en parlons, nous ne sommes pas plus dupes de notre langage, que de ces phrases où nous parlons encore du lever et du coucher du soleil, quoique- nous sachions bien que le soleil est im-

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