‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 63 sur 318 · Voy. plus loin, même secUon, chap. v · texte numérisé non relu

Voy. plus loin, même secUon, chap. v

LES PKttCEPTIONS OU LA PKKMIÈHK PARTIE DES CONNAISSANCES. 97

mobile. Ainsi, l'âme, les idées, (lui sont des modifications de cette âme, et Dieu, qui est la cause de ces modifications, voilà l'univers *.

§ 9. Conclusions de David Hume.

Sommes-nous au moins assurés de cette nouvelle condition que vient de nous faire l'évoque de Cloyne? Pas plus que de celle où nous mettait la vision en Dieu ou Vharmonie préétablie. En effet, si l'âme a des perceptions et des sentiments sans les corps, si elle croit mouvoir un corps, quoiqu'elle ne le meuve pas, si toutes ses idées ressemblent à celles du rêve, qui ne correspondent à aucune réalité extérieure, si Tidée des corps ne prouve pas l'existence des corps, comment l'idée de Dieu prouverait-elle l'existence de Dieu? — Mais, dites-vous, j'existe et je ne me suis pas donné l'être, il faut donc que je Taie reçu d'autrui. — Ce raisonnement est une idée : cette idée n'est pas plus évidente que celle de la lumière et des corps. Vous rejetez l'existence des corps et de la lumière, attendez-vous à ce que d'autres rejettent l'existence de Dieu. Et vous ne serez pas encore au bout de toutes ces nouveautés. Vous existez, dites-vous ? Comment le savez-vous ? Par une idée ? Mais une idée, selon vous, ne prouve pas l'existence de l'objet auquel elle s'applique. Vous ne pouvez donc même pas affirmer votre propre existence, mais seulement l'idée de votre existence. Voilà donc où vous vous êtes réduits : vous avez creusé un abîme dans lequel se sont ensevelies toutes les existences, les corps, Dieu, votre âme elle-même, et sur ce néant , il ne surnage que Vidée^ être incompréhensible, sans objet auquel il s'applique , sans sujet dans lequel il réside , image qui ne représente aucune chose, fantôme qui n'apparaît à personne, être et néant, tout et rien, folie et contradiction. Cette dernière et terrible conséquence de la théorie commune sur les sens extérieurs a été développée par David Hume, l'un des plus habiles logiciens des temps modernes. Il Ta élevée au

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