Œuvres complètes, trad. franc., t. IV, p
iionse distingue par là de la conception ou de Timagination..^ La conception et la perception d'un arbre ne diffèrent pas seulement en degré... Dans cette phrase : Je sens une douleur, la distinction entre Tacte de Tàme et l'objet de Tactô n'est pas réelle, comme dans cette autre : Je vois un arbre*.» Reid oppose aussi la perception h la conscience et même à là mémoire ^ L'usage de notre langue permet de dire que l'âme se perçoit elle-même, dans son existence présente et dans sôti existence passée ; nous n'avons donc pas suivi Reid dans cette dernière opposition. Pour nous, la conscience et la mémoire que nous distinguons de la réminiscence ^ sont des genres de perceptions. Mais nous n'avons qu'à applaudir aux expression! par lesquelles Thomas Reid constate la distinction naturelle que tout homme établit spontanément entre la perception, Itt conception et l'émotion agréable ou désagréable. U est vrid que Reid, comme nous allons le voir, ne s'est pas toujours fermement maintenu dans les termes de cette distinction; mais il en avait dit assez pour mettre la philosophie sur la bonne voie et empêcher que désormais on ne retombât daiie les hypothèses mensongères et dangereuses des philoâopliéH qui l'avaient précédé.
S u. La perception n'est pas une conception accompagnée de
croyance.
Quelques variations de Reid sur la nature dé la perception ont égaré après lui beaucoup d'esprits d'ailleurs excellents. Dans les citations que nous venons de faire, la perception et la concept tion s'opposent l'une à l'autre, et elles diffèrent de nature; mais Reid, en d'autres parties de ses ouvrages, a écrit des phrases telles que celles-ci : « Lu perception d'un objet renferme deux éléments : la conception de sa figure et la croyance à son existence présente. . . Il y a dans la perception trois choses : 1* qùd-
1. Voy. Critique de la philosophie de Th. Reid, par Adolphe Garnier, p. 14 et suivantes.