Voy. plus haut, l. l*S p. 3 et t. H, p* 14 el
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seulement par Torgane qu'elles affectent; car si elles étaient de même nature, elles affecteraient le même organe, ou tous Içs organes à la fois. Il y a donc en dehors de l'âme et des organes quelque chose qui est le tangible, quelque autre chose qui est la lumière ou le visible, quelque antre chose qui est le son , d'autres choses qui sont l'odeur et la saveur. Toutes ces choses, aussi bien que le corps humain, sont connues directement par rame comme distinctes d'elle-même, et c'est cette connaissance que nous appelons la perception des sens, perception en dehors de toute discussion qui se pose et ne se démontre pas.
Nous avons terminé ce que nous avions à dire sur la perception des sens extérieurs ; nous les avons défendus contre les reproches qu'on leur avait injustement adressés ; nous avons distingué la perception d'avec l'affeclion agréable ou désagréable et d'avec l'impression produite sur l'organe par l'objet extérieur; nous nous sommes surtout attachés à montrer qu'elle se distingue par elle-même de la conception qui a heu soit dans la réminiscence, soit dans le rêve ou la folie. C'est là le point capital de la théorie des sens extérieurs. Parcourant les différents systèmes auxquels les philosophes se sont laissé entrsdner , nous avons montré l'origine de leurs erreurs : elles venaient de ce qu'ils supposaient que les sens nous trompent, que nous n'avons aucun moyen de distinguer le rêve et la folie d'avec l'état de veille et l'état déraison, et que nous ne voyons pas les objets eux-mêmes , mais des êtres représentatifs qui s'interposent entre l'esprit et lés objets.
Les philosophes se débattent dans le vide, faute d'avoir remarqué un fait primitif et vulgaire; et ils inventent une multitude d'explications qui laisseraient l'homme dans la nuit et le néant de ï idéalisme K Ils cherchent le monde extérieur qui est trouvé, et dont ils n'auraient pas même l'idée s'ils ne l'avaient pas rencontré de prime abord et s'ils n'avaient pas su, comme le vulgaire, distinguer entre leurs perceptions et leurs conceptions. Mais quoi , s'écrie-t-on , la philosophie
U Voy. plus haul, p. 95 et suiv.
est-elle si facile et si commode? Elle ne dépassera donc pas le bon sens? Il ne Tant que des yeux, dirons-nous, pour faire rhistoire naturelle, et cependant quelle différence n'existe-t-il pas entre le vulgaire et Georges Cuvier. Ce n'est pas par les notions évidentes d'elles-mômes que Cuvier se distingue de la foule, c'est par la quantité des faits qu'il compare, coordonne et unit à l'aide de Y induction. De même les philosophes n'en sauront jamais plus que tout le monde sur tel ou tel principe de l'intelligence, sur tel ou tel jugement premier, mais ils recueilleront tous ces jugements que le vulgaire accomplit sans les remarquer; ils les compareront les uns avec les autres, ils distingueront ceux qui contiennent la certitude et ceux qui ne la contiennent pas, et ils assigneront ainsi les lois du monde de la pensée, comme Kepler, Galilée, Newton assignent les lois du inonde des corps. Mais quant aux notions évidentes d'elles-mêmes , aux éléments , aux principes , aux faits premiers, qu'ils ne cherchent pas à expUquer ce qui est inexplicable et qu'ils se résignent sur ce sujet à l'ignorance de Tentant.
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