Voy. plus haut, p
122 LIVRB SIXIÈMB , SECTION PREMIÈRE.
me demande si je comprends, si je me souviens. Moi-m^c j'interroge mes semblables sur les opérations de leur entendement, et je ne leur en supposerais pas la connaissance, si je ne connaissais ma propre pensée. Locke avance que les causes qui fortifient la mémoire sont : 1** l'attention au moment de l'expérience; 2° la répétition fréquente de l'expérience; 3° le plaisir ou la peine qu'elle nous cause, etc.. S'il ne s'est pas trompé, il a connu la marche de son intelligence ; si nous reconnaissons qu'il a dit la vérité , nous observons notre esprit.
Si je n'avais pas conscience de ma propre pensée je ne pourrais me servir du langage, ni comprendre le langage d'autrui. La plus simple proposition contient ce mot : je ou moi, et ce mot exprime qu'il y a en certaines circonstances identité entre l'être qui connaît et l'être qui est connu. Lorsque je vois mes semblables former des gestes, lorsque je les entends prononcer des sons, je comprends qu'ils pensent, qu'ils jugent, qu'ils raisonnent. Mais ce n'est pas dans le mouvement de leurs bras, dans l'articulation de leur bouche que je puise l'idée du jugement et du raisonnement; c'est dans les jugements et raisonnements que j'ai moi-même accompUs, et que je suppose dans mes semblables à propos des sons et des gestes qui frappent mes oreilles et mes yeux.
On a dit que pour connaître la pensée il ne fallait pas la replier sur elle-même , mais étudier les conditions organiques dont elle dépend, observer les travaux des grandes intelligences et rechercher les idées et les passions qui produisent les événements de l'histoire.
Nous avons montré ailleurs que l'étude des parties du corps qui peuvent servir d'organes à Tintelligence ne jette aucun jour sur l'intelligence elle-même, et qu'il est nécessaire de connaître d'abord les différentes facultés de l'âme avant d'essayer d'en indiquer les instruments dans le corps hu-
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Quant aux lumières que pourra nous procurer Tobserva-