‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 89 sur 318 · Ibid,, p · texte numérisé non relu

Ibid,, p

n y a des conceptions qui ne se rapportent à aucun temps comme celle du cercle parfait. La perception de mon existence passée n*est donc pas une pure conception. La conception n'implique pas l'existence de l'objet qu'elle représente, la reconnaissance implique l'existence de l'objet qu'elle reconnaît. La conception ou la représentation mentale d'un objet qui a été autrefois perçu n'emporte pas nécessairement avec elle la perception du temps passé dans lequel j'ai perçu l'objet que je conçois. Un musicien conçoit quelquefois une mélodie qu'il croit nouvelle, sans reconnaître qu'il l'a déjà entendue; car la conception n'est pas la reconnaissance. ,Ce qu'on appelle ordinairement la mémoire contient deux phénomènes différents : 1« La conception ou représentation mentale des objets absents : nous en traiterons quand nous nous occuperons des conceptions ; 2® la reconnaissance , qui est mie perception : c'est la perception d'un moment passé de mon existence dans lequel j'ai connu l'objet que je reconnais. Cette reconnaissance peut accompagner une conception, si celle-ci est la représentation d'un objet que nous ayons perçu autrefois ; mais elle peut aussi s'en séparer ; il peut y avoir conœption sans reconnaissance, comme dans l'exemple du musicien, et reconnaissance sans conception, comme, lorsqu'on présence d'une seconde perception du même objet, il m'arrive de le reconnaître, n ne faut pas dire non plus que la reconnaissance soit la conception jointe à l'idée du passé; car j'ai la conception de l'âge d'or jointe à l'idée du passé, et cela ne suffit pas pour que je m'affirme à moi-même que j'ai perçu l'âge d'or, ou , en d'autres termes , pour que je le reconnaisse. La mémoire ou le souvenir entendu comme acte de reconnaissance n'est pas la conception du passé en général , mais la perception d'un moment passé de mon existence dans lequel j'ai perçu l'objet que je reconnais.

Un savant de nos jours qui a voulu appliquer aux sciences morales la sagacité et la pénétration qui l'ont illustré dans les sciences physiques, a tenté aussi d'éclaircir l'acte de reconnaissance ^ U suppose qu'à la première perception l'âme est

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