Ampère, Estai sur la classification des sciences, t. H
146 LITIB 6IX1ÈMB , SECTION PRXlIliRS.
rendue attentive par la nouveauté de Tobjet , et qu*à la seconde Tattention a cessé. Suivant lui, la conscience attestant à la fois une perception attentive et une perception inattentive et ces deux perceptions ne pouvant exister ensemble , il faut bien en placer une dans le passé, et par là nous connaissons que nous avons déjà connu l'objet. Hais la même difficulté se re« présente toujours. Comment la perception attentive est-elle placée plutôt dans le passé que dans l'avenir ou dans l'imagination? De plus , on suppose ici que la reconnaissance n'a lieu que dans le cas où la première perception a été attentive et la seconde sans attention, mais le contraire peut arriver. On examine souvent avec plus de soin un objet à la seconde vue, et cela n'empêche pas qu'on se rappelle l'avoir connu d'abord sans attention. La reconnaissance est d'autant plus sûre que la première et la seconde perception ont été l'une et l'autre attentives , et par conséquent sans caractère qui les distingue sous le rapport de l'attention. Il faut renoncer à expliquer ce qui est inexplicable, c'est-à-dire à décomposer un fait simple qui ne peut se ramener à des faits plus simples que lui.
C'est ce que Locke parait avoir très-bien compris malgré quelque incertitude de langage, lorsque, parmi les éléments de la mémoire, il signale une perception particulière qui nous apprend que tels objets ont été déjà perçus^ Thomas Reid a aussi présenté l'acte de reconnaissance conune un fait ind^ eomposable* « Par la mémoire, dit-il, nous avons la connaissance inunédiate des choses passées... Le souvenir d'un événament passé est nécessairement accompagné de la conviciioa que nous existions lors de cet événement*.
n faut donc se borner à constater que nous nous n^oonnats- Bons nous-mêmes, c'est-à-dire que nous connaissons notre identité, ou encore qu'au second moment de notre existence nous nous rappelons le premier, c'est-à-dire que nous percevons le premier comme passé. La reconnaissance de tous les objets que nons avons perçus se ramène à la reconnaissance