‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 9 sur 318 · Voy. 1. 1", p · texte numérisé non relu

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LES PERCEPTIONS OU Li PREMIÈRE PARTIE DES CONNAISSANCES. 10

du toucher dans la perception des formes délicates, du poli, de la rudesse, du froid et du chaud n'est pas en proportion de l'habileté à percevoir et à comparer le poids et la résistance des corps, et réciproquement; quatrièmement, le toucher et la faculté motrice ont pour organes des nerfs différents ; et ces deux facultés peuvent suspendre leur action indépendamment l'une de Tautre.

La résistance que nous oppose un corps se manifeste, lorsque nous agissons sur lui, soit pour en comprimer les parties, soit pour les diviser, soit pour le séparer de la terre. Comme ces trois résistances opposées par le corps ne sont pas en proportion Tune de l'autre, on les rapporte à trois propriétés dif* férentes du corps, qui sont : la dureté, la ténacité et le poids. Mais ces trois propriétés ne répondent en nous qu'à une seule perception, parce que la même main qui perçoit Tune de ces résistances est habile à percevoir les deux autres. Cet exemple est propre à bien faire comprendre la méthode qui préside à la recherche des causes. Quoique cette méthode soit à la fois celle de la psychologie et celle de la physique , elle ne détermine cependant pas pour cela autant de facultés dans l'âme que de propriétés dans les corps. Elle part de la séparation des phénomènes, pour déterminer la séparation des causes, et lorsque des phénomènes séparés dans les corps ne correspondent qu'à un phénomène indivisible dans r&me, elle établit que plusieurs propriétés des corps sont connues par une seule faculté de l'esprit.

L'action que notre faculté motrice exerce sur les corps étrangers est fortifiée par des instruments artificiels , tels que le marteau, le laminoir, la filière, etc. Les corps ne cèdent pas tous de la même manière à ces actions diverses, et les physiciens, tenant compte encore ici de la séparation des phénomènes, disent que les corps sont solides, liquides ou gazeux, humides ou secs, diversement divisibles, compressibles, malléables et ductiles. Toutes ces propriétés des corps sont connues par une seule perception de fâme, par celle delà résistance qu'ils opposent à l'action de notre force motrice, suivant le mode de cette action.

20 LITRE SUlÈMfi , SECTION PREMIÈRE.

Ce n'est pas ici le lieu d'énumérer les différentes forces que nous supposons dans les corps, à Timage de notre faculté motrice, telles que la force attractive, électrique, magnétique, etc. Ces suppositions ont pour but d'expliquer les phénomènes divers du mouvement*. Qu'il nous suffise dédire que toutes ces propriétés supposées dans les corps ne nous sont manifestées que par la résistance qu'ils nous opposent. Or, quelle que soit la direction dans laquelle s'exerce cette résistance, elle ne correspond en nous qu'à une seule perception, à celle que nous fournit l'action de notre faculté motrice.

La résistance que nous percevons n'a rien d'absolu ; elle est relative à la force de nos organes. De même que la température perçue par nous n'est que la différence qui existe entre la température de notre corps et celle du corps extérieur, de même la résistance que nous percevons n'est que la différence entre la force de notre membre et celle de l'obstacle étranger.

$ 4. Perceptions de la vue.

Après les perceptions du toucher et de la faculté motrice, les plus importantes sont celles de la vue, conune nous le montrerons plus loin*. La couleur est, suivant les hypothèses de la physique, une modification de la lumière. La lumière est indéfinissable, elle est ce que chacun sait. Si nous disons que la lumière est ce qui se voit, nous n'aurons rien dit ; car la vue est elle-même indéfinissable et ne se comprend que par la notion de la lumière. La lumière ou la couleur est étendue : ce qui n'est pas étendu échappe à la vue. La couleur aune forme qui est perçue par la vue, sans le secours du toucher, puisque le toucher ne perçoit pas la couleur. Nous distinguons la forme de la lumière qui vient du disque de la lune d'avec la forme de la lumière qui vient des nuages voisins. La forme de l'étendue tangible a les trois dimensions : la longueur, la largeur et la profondeur ; la forme de l'étendue visible ou de la lumière n'a

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