‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 10 sur 261 · Œuvres philosophiques, édit. Ad. G., introd., p. cxxi · texte numérisé non relu

Œuvres philosophiques, édit. Ad. G., introd., p. cxxi

senlation dans les idées claires doit être en acte ou en puissance dans leur causée L'idée obscure lui paraissait ne pas contenir la même preuve. Cependant l'idée de la couleur, qu'il regardait comme obscure, prouve l'existence extérieure de son objet, tandis que l'idée du triangle, qu'il regardait comme claire, peut exister dans mon esprit, sans qu'il y ait aucun triangle dans la nature, comme Descartes en convient lui-même 2. n avait une idée claire des tourbillons de matière subtile auxquels il rapportait les mouvements des planètes, et cependant ces tourbillons n'existaient que dans sa pensée.

Descartes n'ayant pas distingué entre la perception et la conception d'une part, et de 1 autre entre la connaissance et la croyance, n'était pas dans la bonne route pour découvrir la nature de Terreur. Dans toutes les parties de ses ouvrages, sauf un passage defti troisième méditation 3, il avance que ce n'est pas Tentendement qui juge, mais la volonté, et que l'erreur provient de ce que la seconde, qui nie ou affirme, dépasse les limites du premier.

«' Je trouve, dit-il, que mes erreurs dépendent du concours de deux causes, à savoir de la faculté de connaître qui est en moi et de la faculté d'élire, ou bien de mon libre arbitre; c'est-à-dire de mon entendement et ensemble de ma volonté. Car par l'entendement seul je n'assure ni ne nie aucune chose, mais je conçois seulement les idées des choses que je puis assurer ou nier... La volonté consiste seulement en ce que nous pouvons faire une même chose ou ne la faire pas; c'est-à-dire affirmer ou nier, poursuivre ou fuir une même chose, ou plutôt elle consiste seulement en ce que, pour affirmer ou nier, poursuivre ou fuif les choses que l'entendement nous

1. Œuvres philosophiques, édit. Ad. G., t. I, p. cxxi et cxxil.

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