Parmcni'Je, édit. H. E., t. III, p. 130, d
ses singulières participent et empruntent leurs noms, tels que la grandeur, la beauté, la justice? —Oui. — Chaque chose pariicipe-t-elle à tout le genre ou à l'une de ses parties? Ou y a-t-il une troisième manière de participer? Le genre est-il tout entier dans chaque chose en restant un ? — Qui empêche ? — Étant un et le même dans les objets multiples et séparés, il sera donc hors de luimême? — Non ; mais comme le jour reste un et identique. — Tu t'y prends très-bien pour faire que l'unité soit à la fois en plusieurs endroits différents; mais c'est commesiayantabrilé plusieurs personnessous une tente, tu disais qu'elle est tout entière sur chacun : elle n'y serait pourtant qu'en partie. Le genre est donc divisible comme la tente, et les choses qui y participent ne le possèdent pas chacune tout entière, mais en partie. Veuxtu prétendre que le genre reste un et que cependant il se divise? Mais si tu divises le genre de la grandeur, chacune des choses grandes le sera par une partie de la grandeur plus petite que la grandeur : n'est-ce pas absurde ? Une chose sera égale à une autre par une partie plus petite que régalilé?De plus, chacun de nous ne sera petit que parce qu'il participe à une partie de la petitesse; la petitesse prise dans son entier sera plus grande que cette partie, et ainsi la petitesse se trouvera êlre plus grande ; et la chose particulière à laquelle on aura ajouté une partie qui manque maintenant à la petitesse, se trouvera plus petite et non pas plus grande qu'auparavant ; comment donc les choses particulières participent-elles aux genres, si elles ne peuvent en prendre ni la totalité ni une partie * ? »
L'adversaire de Parménide propose de dire que le genre n'est qu'une pensée , une conception vov)u.«, et qu'il n'existe pas hors de l'âme. Parménide répond que
l. Parménide, édit., H. E , t. III, p. 131.
si le genre fait partie de la pensée, il pense , et que les choses particulières en participant du genre, participeraient de la pensée et penseraient, ou feraient partie de la pensée sans penser, ce qui lui paraît absurde. Nous avons dit tout à l'heure que le genre n'est pas seulement une pure cenception mentale , mais ce n'est pas par la même raison que Parménide; car il y a des pensées pures qui ne sont que dans mon esprit et dont les objets ne pensent pas, La réminiscence que j'ai de mon père mort ne donne point la pensée à mon père, et la conception idéale que j'ai du triangle ne rend pas le triangle pensant. Je suis une chose qui pense le triangle, et quoique le triangle soit dans ma pensée, il ne pense pas; il est une pensée dans le sens passif, il ne l'est pas dans le sens actif. Un genre ou une qualité générale pourrait donc n'être que dans l'esprit sans penser pour cela, mais il est dans les objets individuels hors de l'esprit; on ne peut donc pas le regarder comme une cure conception vide de réalité extérieure.
L'adversaire de Parménide fait une nouvelle proposition : c'est de dire que les genres sont des modèles Trapa5£iY[Ji.aTa, que les choses particulières en senties copies ô[xoia)]ji.aTa i,et queparticiper aux genres ce n'estpas autre chose que de leur ressembler. « Mais, dit Parménide, si la chose particulière ressemble au genre, le genre ressemble à la chose particulière ; or, ces deux choses étant semblables, elles font partie du même genre ; ainsi audessus du premier genre paraît un second genre supérieur; au-dessus de ces deux un troisième, et ainsi à l'infini. Tant est grand l'embarras qu'on éprouve quand on considère les genres comme existant en eux-mêmes. Bien plus, si chaque genre était ce que tu prétends : une essence existant en elle-même, on ne saurait que répon-