Sophiale, édit. H. E., t. I, p. 237 et
Platon a cru sorlir de l'impossibilité que lui créait la théorie réaliste à l'égard du néant, en disant que le nonêtre n'est pas le contraire de l'être, mais un être différent. "Voici sa conclusion : Lorsque nous disons le nongrand, nous voulons dire le petit ou le moyen il y a
une partie du différent qui s'oppose au beau, c'est le non-beau. Le non-beau n'est-il pas un genre d'être opposé à un autre genre?Le beau ne parait pas plus être que le non-beau. C'est ainsi que le non-grand et le grand existent autant l'un que l'autre. Il en est de même du non-juste et du j uste ; en conséquence le non-être existe ^ . » C'est, en effet, par la notion de la différence que s'introduit dans notre âme l'idée de la négation. Quand nous avons vu une qualité et que nous en voyons une autre, comme dans le morceau de cire dont parle Descartes, le souvenir de la première et la perception de la seconde nous donnent l'idée du dissemblable ou de nonsemblable : voilà une première idée de la négation. Le semblable et le non-semblable existent l'un et l'autre ; le négatif enferme ici quelque chose de positif; mais il n'épuise pas l'idée que nous avons du non-être ou du néant proprement dit. L'idée du néant est la supposition de la non-existence de toute chose; ce n'est donc pas l'idée d'un être différent d'un autre être, comme le non-beau et le non-grand. Or, la supposition du néant absolu, même comme simple conception de l'esprit, est impossible dans la théorie réaliste qui donne à toutes les idées un objet distinct de l'idée. Comme cette supposition existe, elle aurait pu, à défaut de toutes les autres difficultés, faire rejeter par Platon la théorie réaliste.
Résumons ce que nous avons dit dii système de Platon sur les facultés intellectuelles. Il n'accorde pas aux sens une connaissance véritable, mais une simple opinion ou