De rA))w, liv. III, chap. lU
qu'il entend par l'intelligence voîi;, Siavotot. Aristote distingue deux sortes de conceptions d'après la longueur du temps qu'elles demeurent dans l'esprit : l'une qui survit à peine à la sensation, qu'il appelle la conception sensitive aia9v]Ttxr',etqui se trouve chez les animaux ; l'autre qui permet de délibérer, qu'il nomme la conception raisonnable ou délibérative XoytcTtxr', ^oulzu-iyJ^ et qui n'appartient qu'aux animaux raisonnables ^oyicTixoTç ; car examiner si l'on fera ceci ou cela, c'est l'œuvre de la raison *. Les animaux qui ont la conception sentitive paraissent ne pas avoir la croyance.... La conception délibérative contient la croyance. ^ « Lorsque certains insectes ont été coupés, dit notre philosophe, chaque partie conserve la sensation et le mouvement ; s'ils conservent la sensation, ils conservent aussi la conception et le désir. Quant à l'intelligence et à la faculté contemplative, nous n'avons encore rien de clair, mais il semble que ce soit un autre genre d'âme. C'est cela seulement qui peut se séparer du corps, comme une chose immortelle d'une chose périssable ^. La faculté sensitive ne partage pas l'impassibilité de l'intelligence, car la faculté sensitive ne peut sentir les objets trop violents, au lieu que l'intelligence, lorsqu'elle connaît les objets très-intelligibles, ne connaît pas moins pour cela ceux qui le sont moins, mais d'autant mieux, au contraire *.... Ce qui prouve que la raison n'est pas la même chose que la sensation, c'est que la seconde appartient à tous les animaux, et la première seulement à un petit nombre. L'intelligence elle-même qui comprend le vrai et le faux, c'est-àdire la raison (ppôvYiat;, la science iTziovr^^ri, la croyance vraie oô^a àXviôr'ç, et son contraire, ne se confond pas
i. Aoyiv/ioû. De lAme liv. III, chap. x, § 1, et chap. xi, {i 2.