De VAme, liv. III, chap. v, g 4 el
eîûwv, excepté que ce n'est pas toute l'âme intelligente, et que les genres n'y sont pas en acte, mais en puissance ^... L'intelligence est en puissance des choses intelligibles, mais en fait, en acte, elle n'est rien avant d'avoir connu. Il faut qu'il eu soit de l'intelligence, comme des tablettes sur lesquelles il n'y a rien d'actuelment écrite. »
Aristote revient souvent sur ce sujet que l'intelligence avant d'agir est une pure faculté, des tablettes sur lesquelles il n'y a point de caractères. Il n'y a donc pas dans l'esprit de principes tout faits ou tout déterminés, que nous ayons seulement à rapprendre, comme l'avait pensé Platon, et sur ce point Aristote a raison. Malheureusement, quand il cherche l'origine de ces principes, il se laisse entraîner à les regarder comme produits par des conceptions ou des souvenirs qui viennent tous des sens extérieurs, de sorte que cette intelligence séparée du corps, cette intelligence qu'il regarde comme immortelle et éternelle, ne serait que la faculté de transformer les souvenirs particuliers en un souvenir général,et de porter sur l'avenir un jugement conforme à ces souvenirs; mais comme ses souvenirs viennent des sens, toutes les connaissances et toutes les croyances générales de l'homme se rapporteraient en définitive aux choses sensibles.
Nous avons cité un passage où Aristote disait que la
1. OvTs ivTÙsxd'x, «iXôc ^uvà.ust TK îW/). De l'Ame, liv. III, chap. IV, § 5 et 6.
2. A=ï ouTWj (^cn-p h •/pv.fj.jj.v.-czm , w /Jiiioèv ùnapyii IvtîA;X''Vyr//j«,u/zsvov. De l'Ame, liv. III, chap. iv, g 14.
3. Le mot ypv/xfxr/.zîiov a été traduit par tabula. Lorsqu'il n'y avait rien d'écrit sur les tablettes, la cire était unie ou rase en latin ra.sa. Telle est l'origine des mots tabula rasa, qu'on a traduit par les termes barbares de table rase, et qui signifient tablettes sur lesquelles il n'y a rien d'écrit. Locke a remplacé ces mots par ceux de papier blanc, white paper.
sensation dépend de Tobjet senti, et qu'elle est un certain rapport entre cet objet et l'organe ^, d'oîi il concluait avec raison que nous ne connaissons pas les choses sensibles en elles-mêmes, mais avec les modifications que nos organes leur font subir. Il professe une doctrine à peu près pareille sur les choses intelligibles : de même que l'acte intellectuel est pour ainsi dire la forme de la chose intelligible. L'acte intellectuel et la chose intelligible se confondent, ainsi que la sensation et la chose sentie ; et comme les choses intelligibles sont, suivant Aristote, les abstractions des choses sensibles, l'acte intellectuel prend ses matériaux dans la sensation. Telle est l'opinion que nous croyons découvrir dans le passage difficile à comprendre que nous allons citer : «. L'âme est en quelque sorte tout ce qui est, car les êtres sont sensibles ou intelligibles; or, la science est, pour ainsi dire, les choses sues, et la sensation, les choses senties.... Il faut que les choses elles-mêmes ou leurs formes soient dans lame 2, or, elles n'y sont pas elles-mêmes, car la pierre n'est pas dans l'âme, mais la forme to sTSoç de la pierre.... Ainsi, l'intelligence est la forme des formes, et la sensation la forme des choses sensibles ^ ; et comme il n'y a aucune chose en dehors des grandeurs senties, les formes intelligibles sont dans les formes sensibles *. Il en est ainsi de toutes les choses dites par abstraction, telles que les qualités et les affections des choses sensibles *. »
Nous ajouterons encore un passage pour établir aussi complètement que possible la véritable doctrine d'Aristote, qui est, selon nous, que la sensation donne le par-