D l'Ame, liv. III, cliap. vin, g
ticulier et le concret, la réminiscence l'abstrait, et que l'intelligence est la conception générale, à laquelle se joint une croyance générale sur l'avenir. L'intelligence ajoute la généralité et l'avenir à l'objet de la sensation et de la réminiscence, mais l'objet de l'intelligence, si on le dépouille de sa généralité et de l'idée de l'avenir, redevient un objet sensible.
« La science s'applique au général; elle ne peut donc avoir lieu par la sensation. Ce qu'on sent est toujours quelque chose de particulier, de local et d'actuel. Il est impossible de sentir le général et l'universel, car l'universel existe toujours et partout. Quand même il nous serait donné de sentir que tel triangle a ses trois angles égaux à deux droits, nous aurions encore besoin d'une démonstration générale; sans cela nous ne posséderions pas la science, car on ne peut sentir que le particulier, et la science consiste à connaître le général. Cependant on peut chercher le général dans la vue répétée de plusieurs accidents particuliers ; en effet c'est par plusieurs événements particuliers que le général se manifeste.... Pour savoir la cause de la transparence du verre, il faudrait voir la lumière passer à travers les pores de chaque verre en particulier et penser vo^aac, et en même temps, qu'il en est ainsi pour tous ^ »
Le fondateur du Lycée distingue ce qu'il appelle la raison pratique d'avec la raison spéculative, mais cette distinction n'établit pas deux facultés différentes : l'intelligence prend le nom de raison pratique, lorsqu'elle envisage un but d'action. « La raison pratique est celle qui se propose un but -. Elle diffère de la raison théorique ou spéculative par la fin qu'elle se donne; tout désir s'adresse à quelque objet : cet objet est le principe de