ILid., t. II, 1. YII, c. II
la cause, des changements, de l'espace au-dessus du ciel, etc. ^ ? Aristote a sans contredit constaté toutes ces connaissances, et nous l'avons nous-même fait remarquer aux passages où nous renvoyons; mais d'abord il est tombé dans quelques contradictions sur ces différents sujets, ainsi que nous l'avons observé en son lieu, à moins que, comme nous l'avons dit aussi, on ne veuille voir dans ces contradictions des objections qu'il se fait sans en avertir, et auxquelles il répond sans bien marquer le passage de l'objection à la réponse. Secondement, dans les passages où il traite de ces diverses matières, il n'examine pas la question de l'origine des connaissances, et lorsqu'il aborde ce problème et qu'il veut faire comprendre ce qu'il entend par l'intelligence, et quels sont les objets de cette faculté, il ne donne pour exemple ni l'espace, ni le temps, ni les figures mathématiques, ni l'infini, mais seulement le général, l'universel, qui se forme, dit-il, par la répétition du particulier ou par l'extension à tous les temps et à tous les lieux des objets précédemment connus par l'expérience sensitive. Aristote n'est pas le seul de son école qui ait exactement décrit certaines notions non sensibles et qui en ait cependant rapporté l'origine aux sens extérieurs. Locke et Condillac l'ont suivi dans cette voie. Quant à cette faculté de généraliser pour l'avenir, qui est indépendant de la sensation et de la réminiscence, elle ressemble celle que nous avons appelée l'induction -. Celle-ci prena aussi dans son propre fond l'idée du futur et de l'universel, et l'ajoute à celle du présent, du passé et du particulier que fournit l'expérience; mais l'objet ainsi rendu universel a été primitivement individuel et connu par les sens ou par la conscience. Quoique Aristote, en