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le philosophe aui'ait donc tort de considérer comme deux notions différentes l'idée de la substance en général et celle de l'infini.
Descartes pense qu'il peut y avoir en dehors de l'esprit des figures qui satisfassent à la définition géométrique, quoique trop petites pour affecter nos sens. Il admet ainsi que notre conception géométrique n'est pas empruntée du dehors, et nous l'approuvons en cela,; mais on ne comprend pas comment il .pourrait y avoir hors de notre esprit des surfaces sans profondeur, des lignes sans largeur, des points sans étendue, quelques petites que fussent ces figures.
Le principe qu'on ne saurait faire quelque chose de rien est l'expression de cette vérité ; quelque chose a toujours existé ; il rentre donc dans la perception de l'infini et nous ne saurions voir dans ce principe une vérité qui n'ait pas d'objet en dehors de l'intelligence.
Nous ne comprenons pas comment une vérité éternelle pourrait n'avoir son siège qu'en notre pensée. Celle-ci n'étant pas de toute éternité, comment peut-elle être le siège unique d'une vérité éternelle? Ne faut-il pas dire au moins que cette vérité, avant d'être dans notre esprit, était dans la pensée de Dieu?
Descartes a lui-même montré la futilité de ce prétendu principe : il est impossible qu'une même chose soit et ne soit pas en même temps *. Il a fait voir que ce principe ne nous enseigne rien de plus que ce que nous montrent les sens et la conscience. L'axiome que ce qui a été fait ne peut n'être pas fait revient à dire : ce qui a été fait a été fait, comme le premier équivaut à cette proposition : ce qui est, est. Ce sont des propositions tautologiques qu'il ne faut pas mettre au rang des vérités nécessaires.