Essai sur l'entendement humain, liv. IV, chap. i
la perception de leur convenance ou de leur disconvenance; de même que les propositions ne peuventpasêtre vraies, si les termes de ces propositions ne contiennent pas de vérité K Mais les fautes de Locke sont souvent plus apparentes que réelles ; elles consistent plutôt dans l'expression que dans le fond de la pensée. En effet, il compte quatre espèces de convenances et de disconvenances des idées, et par idées il entend ici, comme en beaucoup d'autres endroits, les objets mêmes des idées. Le premier genre de convenance ou de disconvenance entre les objets des idées est l'identité ou la diversité : par exemple, le blanc est blanc, le blanc n'est pas le noir. Le second genre est la relation : les trois angles d'un triangle sont égaux à deux droits. Le troisième genre est la coexistence : la fixité accompagne toujours les autres qualités de l'or. Le quatrième genre de convenance est celui de l'objet et de l'existence réelle hors de l'esprit : par exemple, Dieu existe actuellement et réellement 2. Ce dernier genre constitue une connaissance que Locke subdivise ailleurs en trois espèces : « Nous avons, dit-il, une I y connaissance sensitive de l'existence des objets qui sont actuellement présents à nos sens, une connaissance intuitive de notre existence, une connaissance démonstrative de l'existence de Dieu 3. » Le philo-sophe anglais n'a donc pas voulu dire que, par cela seul qu'une idée convient à une autre, nous connaissions l'existence extérieure des objets de ces idées. Des quatre catégories qu'il ouvre à la connaissance, la quatrième seule afflrme cette existence, ce qu'il appelle la connaissance sensiiive et la connaissance intuitive est une véritable perception. Leibniz n'étant pas satisfait du critérium de certitude