‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 130 sur 261 · Œuvres philosophiques, édit. Ad. G., t II, p · texte numérisé non relu

Œuvres philosophiques, édit. Ad. G., t II, p

bateau, comme le dit Caterus ', il n'y a d'autre nécessité que celle de ne pas nous contredire nous-mêmes. Le sujet étant posé comme existant, nous ne pouvons en nier l'existence sans contradiction ; mais comme l'attribut est la même chose que le sujet, l'un n'est pas plus nécessaire que l'autre. Si je suis, je suis, sans contredit; mais la question est de savoir si je suis et si je suis nécessairement. Gomme mon existence n'est pas nécessaire, la proposition : je pense, donc je suis, malgré son apparence de nécessité, est une proposition contingente. A côté de cette proposition, il faut mettre cette autre : ce qui n'est pas, nest pas, ou le néant ne peut avoir ni propriété ni attribut. Cet axiome n'est pas plus fécond que le premier; il ne produira pas plus de découvertes.

Nous ne pouvons approuver Descartes de ne pas faire le dénombrement des vérités qui ne sont rien hors de notre pensée. Le devoir duphilosopheest, comme l'a dit Descartes lui-même, de faire une énumération complète de toutes les difficultés, et si on avait fait plus tôt un recensement exact des propositions qu'on appelle nécessaires, au lieu de se borner à donner des exemples, on aurait aperçu plus tôt que ces propositions se divisent en trois classes; que les premières regardent des objets vraiment nécessaires : l'espace, le temps et la cause première; que les secondes, qui sont les propositions géométriques et les propositions morales, n'ont pas d'objet hors de l'esprit, et que les autres ne forment que des propositions tautologiques qui ne dépassent point la portée de l'observation, c'est-à-dire des sens extérieurs et de la conscience.

Nous ne partageons pas l'opinion que la durée de chaque chose est un mode de cette chose en tant qu'elle continue d'être, et que le temps en lui-même ne diffère

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