‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 131 sur 261 · Voy. plus haut, même livre, c i · texte numérisé non relu

Voy. plus haut, même livre, c i

pas de Tobjet qui dure. Nous avons essayé de montrer ailleurs que le temps pur ou absolu est une réalité indépendante des objets qui sont dans le temps'. Mais nous applaudissons à Descartes lorsqu'il avance que l'ordre et le nombre ne diffèrent pas des choses ordonnées et nombrées, et que le nombre et l'ordre ne sont pas des choses indépendantes des corps et de notre esprit, comme l'avait pensé Platon. Enfin, nous l'approuvons aussi de considérer le genre, l'espèce et les autres universaux de l'école comme des qualités abstraites et générales, qui n'existent à l'état abstrait que dans l'esprit et à l'état concret que dans les objets qui les possèdent.

Platon voulait que tous les objets de la raison fussent réels et indépendants de l'esprit et des corps; Aristote ne donnait de réalité propre à aucun des objets de l'entendement; Descartes fait une distinction : parmi les actes de l'intelligence, les uns s'appliquent à des objets extérieurs, les autres sont de pures pensées internes, ou les souvenirs des qualités inhérentes aux objets concrets. Nous avons suivi la voie ouverte par Descartes, m.ais nous avons fait autrement que ce philosophe la division de ces deux classes : dans la première, nous rangeons l'idée de l'espace, du temps et de la cause infinie que nous rapportons à l'intuition pure extérieure; dans la seconde, l'idée de la figure géométrique, l'idée de la vertu et les idées sur lesquelles s'exercentles beaux-arts, notions que nous attribuons à la conception idéale. Quant à l'idée du moi, considéré soit dans le présent, soit dans le passé, que Descartes comprend aussi sous le nom d'intuition pure, nous la rapportons à la conscience et à la mém.oire. Les croyances dont nous avons donné le détail n'ontpas attiré l'attention deDescartes : on sait que leur objet est tantôt extérieur àl'esprit, tantôt purement intérieur.

Page 1