‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 134 sur 261 · Œuvres philosophiques, édit. Ad. G., t. I, p · texte numérisé non relu

Œuvres philosophiques, édit. Ad. G., t. I, p

monde aucun triangle, mais elle affirme au contraire que ce triangle n'existe pas hors de l'esprit humain, car Descartes Ta dit lui-même : « Non qu'il y ait dans le monde des substances qui aient de la longueur sans largeur, ou de la largeur sans profondeur i. » Il est vrai que Descartes regarde au même lieu les figures géométriques comme des limites sous lesquelles la substance est contenue; mais comment ce qui est étendu aurait-il des termes non étendus? Les limites d'une substance sont des parties de cette substance, ce sont les parties finales; or, une étendue ne peut avoir de parties non étendues 2. Le point, la ligne et la surface géométrique, n'ont qu'une existence idéale; l'idée claire d'un objet n'emporte donc pas l'existence extérieure de cet objet. Si par le mot idée on entend, comme Descartes, tous les actes de l'esprit, il faut distinguer entre les idées. Les unes affirment des existences réelles : ce sont celles que nous avons appelées des perceptions; les autres, que la langue commune appelle plus particulièrement des idées, et que nous avons nommées des conceptions, ne comprennent pas l'existence externe de leurs objets : c'est la réminiscence et la conception idéale; les troisièmes croient à l'existence extérieure de leurs objets sans l'affirmer cependant : ce sont les croyances. Les deux dernières peuvent arriver au plus haut degré de la clarté, sans qu'il en résulte que leur objet se distingue de l'idée elle-même. J'ai l'idée très-claire du jour de demain, et cela ne suffît pas pour m'en faire affirmer l'existence; j'ai l'idée très-claire de la ligne géométrique ou d'une longueur sans largeur, mais j'affirme que cet objet n'existe que dans mon esprit. Nous ne pouvons donc pas regarder comme des axiomes ou comme des

1. Œnv^'cs philosopitirjucs, édit. Acl. G., t. II, p. 319-32C<

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