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mouvement à soi-même, il le peut encore moins donner à un autre corps K »
Il nous semble que ces propositions sont des vérités expérimentales qui ne renferment aucune nécessité. Dieu pouvait donner aux corps le pouvoir de se mouvoir euxmêmes. Quant à cette assertion que nul corps ne peut en mouvoir un autre s'il n'est mû lui-même, l'expérience la dément tous les jours: il y a des corps qui en attirent d'autres et qui les repoussent, et par conséquent les mettent en mouvement sans sortir eux-mêmesde leur immobilité.
La liste des axiomes de Port-Royal se termine par quatre propositions logiques. « On ne doit pas nier, ditil, ce qui est clair et évident pour ne pouvoir comprendre ce qui est obscur 2. > Ce précepte est un excellent conseil pour l'esprit ; il le prémunit contre le scepticisme qui le porterait à désespérer de la vérité en général, parce qu'il y a de l'obscurité sur quelques vérités particulières, mais ce conseil plein de sagesse ne peut s'éleveraurangdes propositions nécessaires sur l'espace, le temps et la cause infinie.
« Il est de la nature d'un esprit fini, poursuit Port- Royal, de ne pouvoir comprendre l'infini ^ î II y a en effet beaucoup de problèmes sur l'infini dont la solution dépasse notre intelligence : c'est encore une vérité d'expérience ; mais de ce fait conclure que Dieu ne pouvait nous donner la parfaite intelligence de sa nature, c'est une témérité que nous ne devons pas nous permettre. Quand on dit qu'im esprit fini ne peut comprendre l'infini, on semble vouloir dire que l'esprit fini ne peut embrasser l'infini ou s'étendre aussi loin que lui. Mais on se ferait une fausse idée de l'intelligence, si l'on pensait qu'elle doit être adéquate aux objets qu'elle con-