‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 137 sur 261 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

naît i rintelligence n'est pas étendue, et cependant elle connaît l'étendue des corps; bien plus, elle connaît l'étendue de l'espace qui est sans limites. Le fini peut donc connaître l'infini. Si Dieu ne nous a pas fait comprendre toutes ses perfections, c'est que probablement notre ignorance partielle était dans les desseins de sa providence. Mais du fait, on ne peut conclure la nécessité, à moins de conclure que tout ce qui est, est nécessaire. Mais, dira-t-on, si Dieu avait donné à l'homme l'intelligence entière delà nature divine, il l'aurait fait égal à Dieu. Nous répondrons qu'il n'aurait pas suffi de connaître pleinement Dieu pour être dieu lui-même. On objectera que si Dieu peut créer une intelligence semblable à la sienne, il peut créer une puissance et une bonté qui égalent sa bonté et sa puissance, c'est-àdire un dieu semblable à lui-même. Nous répliquerons que ce second dieu différerait du premier en ce qu'il serait créé tandis que le premier serait créateur. Déplus, ce dieu ayant la même intelligence, la même puissance et la même bonté que l'autre serait tout à fait inutile; un seul dieu suffit. C'est donc moins par l'impuissance du premier que par l'inutilité du second, qu'il faut résoudre la question de savoir si Dieu pourrait créer un être parfait. Mais il y a loin de cet être parfait à un homme qui aurait compris la nature infinie de Dieu. Nous admettons comme un fait, mais non comme une nécessité, qu'il est de la nature de l'esprit de ne pouvoir comprendre l'infini.

Les mêmes auteurs établissent « que le témoignage d'une personne infiniment puissante, infiniment sage, infiniment bonne et infiniment véritable, doit avoir plus de force pour persuader notre esprit que les raisons les plus convaincantes *. » Cet axiome revient à celui-ci :

Page 1