La Logique, édit. citée p
Dieu étant parfait connaît et transmet parfaitement la vérité ; en d'autres termes : ce qui est parfait, est parfait. Cette proposition est une tautologie. Aussi l'incrédule ne conteste-til pas là-dessus ; il demande seulement s'il y a un Dieu parfait, ou si le témoignage qu'on lui impute lui appartient en effet.
« Des faits, disent les mêmes auteurs, dont les sens peuvent juger facilement étant attestés par un trèsgrand nombre de personnes de divers temps, de diverses nations, de divers intérêts, qui en parlent comme les ayant vus par eux-mêmes ; et qu'on ne peut soupçonner avoir conspiré ensemble pour appuyer un mensonge, doivent passer pour aussi constants et indubitables que si on les avait vus de ses propres yeux. C'est le fondement de la plupart de nos connaissances, y ayant infiniment plus de choses que nous savons par cette voie que ne sont celles que nous savons par nous-mêmes. Par exemple, les hommes ont assez de peine naturellement à concevoir qu'ilyaitdes antipodes ; cependant, quoique nous n'y ayons pas été, et qu'ainsi nous n'en sachions rien que par une foi humaine, il faudrait être fou pour ne pas le croire, et il faudrait de même avoir perdu le sens pour douter si jamais César, Pompée, Cicéron, Virgile ont été, et si ce ne sont point des personnages feints comme ceux des Amadis » ^ Cet excellent principe de logique ne doit pas se confondre cependant avec un axiome nécessaire. Il y a une extrême probabilité qu'un grand nombre d'hommes de diverses nations et de divers intérêts ne conspireront pas pour appuyer un mensonge; mais comme le dit encore Port-Royal, «: la. foi humaine est de soi-même sujette à erreur, parce que tout homme est menteur, selon rÉcriture, et qu'il se peut faire que celui qui nous assurera une chose comme véritable sera