La Logique, édit. citée, p
lui-même trompé *. s II n'y a donc qu'une certitude morale, c'est-à-dire une plus ou moins grande probabilité dans le témoignage humain ^, et Port-Royal en fait la remarque au même lieu : « Il est vrai qu'il est souvent assez difficile de marquer précisément quand la foi humaine est parvenue à cette certitude et quand elle n'y est pas encore parvenue, et c'est ce qui fait tomber les hommes en deux égarements opposés, dont l'un est de ceux qui croient trop légèrement sur les moindres bruits, et l'autre de ceux qui mettent ridiculement la force de l'esprit à ne pas croire les choses les mieux attestées, lorsqu'elles choquent les préventions de leur esprit.,.. Il faut mettre une extrême différence entre deux sortes de vérités : les unes, qui regardent seulement la nature des choses et leur essence immuable indépendamment de leur existence, et les autres, qui regardent les choses existantes et surtout les événements humains et contingents qui peuvent être ou n'être pas, quand il s'agit de l'avenir, et qui pouvaient n'avoir pas été, quand il s'agit du passé.... Dans la première sorte de vérités, comme tout y est nécessaire, rien n'est vrai qu'il ne soit universellement vrai, et ainsi nous devons conclure qu'une chose est fausse si elle est fausse en un seul cas. Mais si on pense se servir des mêmes règles dans la croyance des événements humains, on n'en jugera jamais que faussement, et on y fera mille faux raisonnements ^•
En résumé, dans la critique que nous venons de faire des axiomes proposés par Port-Royal, nous n'en avons trouvé que trois qui se rapportent à un objet vraiment nécessaire : ce sont les axiomes sur la cause éternelle ;