La Logique, édit. citée, p
les autres ne contiennent que des tautologies, des définitions de mots ou des vérités d'expérience.
Il est important de soumettre à une critique sévère et patiente tous les axiomes proposés par les philosophes, car c'est par ce côté que la philosophe rationaliste a été jusqu'à présent le plus attaquée, et, il faut le dire, le plus vulnérable. En la débarassant de toutes les fausses propositions nécessaires, nous ne faisons que fortifier celles que nous lui laissons, et qu'établir plus solidement la barrière qui la sépare de la philosophie sensualiste.
§ 4. Système de Malebranche.
Douze ans après la publication de la Logique de Port- Royal, Malebranche faisait paraître son traité De la recherche de la vérité. Il adopta aussi presque entièrement la théorie de Descartes sur l'intelligence; nous n'indiquerons que les côtés par lesquels il s'en écarte. Suivant lui, l'âme ne perçoit pas les objets sensibles, mais seuleifient les id'es que Dieu en possède *. Elle n'a pas besoin desidées de Dieu, pour percevoir ses sensations, ses imaginations et ses intellections pures, parce que ces choses sont dans l'âme, ou plutôt qu'elles ne sont que l'âme même affectée de telle ou telle façon 2. On ne connaît pas l'âme par une idée, on ne la voit pas en Dieu, on ne la connaît que par conscience \ C'est par conjecture que l'on connaît l'âme des autres hommes ; ce n'est ni par conscience, ni par des idées, ni en elle-même *. Il n'y a que Dieu que nous connaissions par lui-même,
1 Voy. plus haut, t. II, 1. VI, c. iv, g 5.
2. De la recherche de la vérité, liv. III, II'' partie, chap. i, § 1, et chap. V et vi.