Voy. plus haut, t. Il, liv. VI, cliap. v
mouvements d'un corps se communiquent à l'autre; c'est une vérité de fait que nous admettons sans la comprendre, sur l'autorité seule de l'expérience; ce n'est pas une vérité nécessaire.
« Mais, du moins, ajoute l'auteur, il est certain que l'impénétrabilité des corps étant supposée, on n'a plus besoin d'expérience pour connaître certaines choses, mais on les connaît par elles-mêmes. Par exemple : un corps ne peut passer par une ouverture moindre que lui ; ce qui est pointu, le reste étant égal, s'insinue plus facilement par une ouverture que ce qui ne l'est pas et ainsi du reste *. » En effet, ces propositions ne font que répéter l'hypothèse de l'impénétrabilité des corps; elles sont donc des tautologies, et non de véritables principes nécessaires. Ces derniers s'expriment par des propositions où l'attribut diffère du sujet.
« On connaît avec la même évidence, dit encore Bossuet, qu'un agent naturel et nécessaire dans les mêmes circonstances fera toujours le même effet, par exemple, que le soleil, se levant demain avec un ciel aussi serein qu'aujourd'hui, causera une lumière aussi claire, et que le même poids attaché à la même corde et toujours dans les mêmes dispositions, la tendra également demain et aujourd'hui -. » Il n'est nullement nécessaire que le soleil produise toujours la même lumière et que le même poids tende toujours une corde de la même façon. L'intelligence conçoit que le soleil s'affaiblisse, et que l'attraction de la terre diminue. Nous sommes portés à croire que la nature suivra toujours la même marche, et que Dieu en maintiendra les lois; mais nous n'avons à ce sujet qu'une croyance et non la perception d'une nécessité. On ne voit pas non plus pourquoi Bossuet dit que le soleil est un agent nécessaire.