‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 144 sur 261 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Les maximes précédentes nous paraissent donc le fruit de l'expérience et de l'induction. Il en est de même de celles qui suivent.

« Il est encore vrai, d'une vérité incontestable, que tout le monde veut être heureux et que nul ne veut être dans un état qu'il tienne pour absolument mauvais ^ » Dieu nous a donné des inclinations pour certaines choses : c'est une vérité d'expérience. Il pouvait non pas nous faire aimer les choses désagréables en les laissant désagréables, ce qui est une contradiction dans les termes, mais nous faire aimer d'autres choses. Il n'en est pas moins vrai, dira-t-on, que nous ne pouvons aimer que ce qui nous rend heureux. Cela revient à dire que nous aimons ce qui est aimable, ou que nous sommes agréablement flattés de ce qui est agréable, ce qui est une proposition identique et non une proposition vraiment nécessaire, dans laquelle l'attribut diffère du sujet '\

« Ce qui se fait expressément pour une fin ne peut être dirigé ni connu que par la raison, c'est-à-dire par une cause intelligente '. » Bossuet ajoute lui-même : « Il ne faut qu'entendre ces termes pour convenir de la proposition, parce qu'agir de dessein ou concevoir que quelqu'un agit de dessein, enferme nécessairement l'intelligence. » En effet, le dessein est ce qui est fait avec intelligence ; la proposition revient donc à celle-ci : ce qui est fait avec intelligence implique l'intelligence. Il ne faut que traduire les termes pour découvrir dans ces maximes prétendues nécessaires des propositions où l'attribut est identique au sujet.

< Il n'est pas moins vrai que quand ce qui empêche

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