‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 146 sur 261 · La Loyique, éd. citée, P- 3S · texte numérisé non relu

La Loyique, éd. citée, P- 3S

lui que la vérité dérive dans tout ce qui est et ce qui s'entend hors de lui. C'est donc en lui, d'une certaine manière qui m'est incompréhensible, c'est en lui, dis-je, que je vois ces vérités éternelles, et les voir c'est me tourner à celui qui est immuablement toute vérité et recevoir ses lumières.... Les vérités éternelles, que tout entendement aperçoit toujours les mêmes, par lesquelles tout entendement est réglé sont quelque chose de Dieu ou plutôt sont Dieu même ^ »

Cette théorie ressemble à celle de Malebranche , si ce n'est que, suivant ce dernier philosophe, les vérités éternelles n'étaient pas Dieu lui-même, mais les rapports des idées de Dieu. Sans contredit, la perception de la cause infinie saisit directement Dieu lui-même ; mais nous ne pouvons accorder que la conception du triangle ou de la vertu soit la contemplation de Dieu. Nous aimons mieux cette autre proposition de Bossuet : « L homme écoute en lui-même une loi inviolable qui lui dit qu'il ne faut faire tort à personne, et qu'il vaut mieux qu'on nous en fasse que d'en faire à qui que ce soit"^. » Cette loi que l'homme écoute en lui-même ne lui paraît pas être quelque chose d'extérieur à son esprit ; il ne lui semble pas que ce soit Dieu lui-même, mais une conception intellectuelle présentant une image imparfaite des conceptions parfaites de Dieu. Bossuet a exprimé encore ailleurs d'une manière excellente le rapport de l'esprit et de l'idéal : « Je suis un peintre, un sculpteur, un architecte ; j'ai mon art, mon dessein en idée... J'aime ce dessein, cette idée, ce fils de mon esprit prudent et de mon art inventif.... Et tout cela se tient ensemble et inséparablement uni dans mon esprit; et tout cela, dans le fond, c'est mon esprit même ; il

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