Ibid., édit. de Lens, p
n'a point d'autre substance, et tout cela est égal et inséparable ^ »
Fénelon regarde aussi les vérités universelles comme la divinité elle-même : « Oh! que l'esprit de l'homme est grand ! s'écrie-t-il, il porte en lui de quoi s'étonner et se surpasser infiniment lui-même : ses idées sont universelles, éternelles et immuables. Elles sont universelles, car lorsque je dis : il est impossible d'être et de n'être pas ; le tout est plus grand que sa partie ; une ligne parfaitement circulaire n'a aucune partie droite; entre deux points donnés, la ligne droite est la plus courte; le centre d'un cercle parfait est également éloigné de tous les points de la circonférence ; un triangle équilatéral n'a aucun angle obtus, ni droit : toutes ces vérités ne peuvent souffrir aucune exception ; il ne pourra jamais y avoir d'être, de ligne, de cercle, d'angle qui ne soit suivant ces règles.... Je ne suis point libre de nier ces propositions, et si je nie ces vérités ou d'autres à peu près semblables, j'ai en moi quelque chose qui est audessus de moi et qui me ramène par force au but. Cette règle fixe et immuable est si intérieure et si intime,«que je suis tenté de la prendre pour moi-même: mais elle est au-dessus de moi, puisqu'elle me corrige, me redresse, me met en défiance contre moi-même et m'avertit de mon impuissance. C'est quelque chose qui m'inspire à toute heure, pourvu que je l'écoute, et je ne me trompe jamais qu'en ne l'écoutant pas.... Cette règle intérieure est ce que je nomme ma raison ; mais je parle de ma raison sans pénétrer la force de ce terme, comme je parle de la nature et de l'instinct, sans entendre ce que signifient ces expressions. A la vérité, ma raison est en moi, car il faut que je rentre sans cesse en moi-même pour la trouver; mais la raison supérieure, qui me cor-