‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 15 sur 261 · Platon, Théétite, édil. H. E., t. 1, p · texte numérisé non relu

Platon, Théétite, édil. H. E., t. 1, p

de l'espace et du temps réel et ne sont que le produit de la conceplion idéale. L'objection des Éléates est donc sans fondement, et par conséquent le témoignage des sens sur l'élendue est sincère.

Heraclite avait pensé que toutes les choses sont soumises à un mouvement continuel de composition et de décomposition; Leucippe et Démocrile considéraient les corps comme formés d'atomes, et Empédocle supposait que les choses sont dans une perpétuelle mobilité *. Comme les sens ne nous montrent ni la transformation continuelle, ni les atomes, ni la mobilité perpétuelle des corps, la sensation n'était regardée que comme un phénomène interne, et pour savoir la vérité, on voulait n'avoir recours qu'à la raison ty) oiavot'a. Aux yeux de ces philosophes, les sens ne donnaient donc point de certitude. Nous avons fait voir que la perception des sens consiste en ce que nous distinguons les corps que nous touchons et voyons de ceux auxquels nous pensons. Nous savons que, dans certains moments, nous sommes en rapport avec des étendues résistantes, visibles, odorantes, etc., et qu'en d'autres cas, nous concevons seulement ces objets sans les percevoir ; c'est là toute la théorie de la perception. Quant à la question de savoir de quels éléments se composent les corps résistants, si c'est d'atomes toujours en mouvement, dont l'action soit purement mécanique, suivant l'hypothèse des atomistes et de Descartes, ou de forces simples et»actives, suivant l'hypothèse des dynamistes et de Leibniz, ce problème dépasse la portée des sens. Le sens ne perçoit pas tout, il est borné, il ignore, mais il ne se trompe pas pour cela. Il ne montre pas tout ce qui est, mais tout ce qu'il montre existe.

Appuyés sur les écoles précédentes, les sophistes entreprirent de prouver qu'il n'existe rien en dehors de la

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