Nouveaux essais, liv III, chap. m
ture et l'objet*. Locke avait dit que ce qu'on appelle le général et l'universel n'appartient point à l'existence des choses, mais que c'est un ouvrage de l'entendement, et que les essences de chaque chose ne sont que des idées abstraites. Leibniz répond que la généralité consiste dans la ressemblance des chose singulières entre elles, et que cette ressemblance est une réalité -.
Il distingue aussi d'avec les vérités nécessaires les vérités qui nous sont fournies par l'induction. « Ce ne sont, dit-il, qu'une multitude de faits semblables, comme lorsqu'on observe que tout vif-argent s'évapore par le feu ; et ce n'est pas une généralité parfaite, parce qu'on n'en voit pas la nécessité*. » « L'appellation de nécessaire, dit-il ailleurs, demande autant de circonspection que celle de libre. Voici une vérité conditionnelle : supposé que la balle soit en mouvement dans un horizon uni sans empêchejnent, elle continuera le même mouvement; cette vérité peut passer pour nécessaire en quelque manière, quoique, dans le fond, cette conséquence ne soit pas entièrement géométrique, n'étant que présomptive pour ainsi dire et fondée sur la sagesse de Dieu, qui ne change pas son influence, sans quelque raison qu'on présume ne se point trouver présentement*. » « Les sens, dit-il encore, quoique nécessaires pour toutes nos connaissances actuelles, ne sont pas suffisants pour nous les donner toutes, parce que les sens ne donnnent jamais que des exemples, c'est-à-dire des vérités particulières ou individuelles. Or tous les exemples qui confirment une vérité générale, de quelque nombre qu'ils soient, ne suffisent pas pour établir la nécessité universelle de cette même vérilé, car il ne suitpasquecequiestarrivéarrivera