‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 151 sur 261 · Ibid., liv. II, chap. xxi, g · texte numérisé non relu

Ibid., liv. II, chap. xxi, g

toujours de même. Par exemple les Grecs et les Romains et tous les autres peuples ont toujours remarqué qu'avant le décours de vingt-quatre heures, le jour se change en nuit et la nuit en jour; mais on se serait trompé s; Ton avait cru que la même règle s'observe partout, pui squ'on a vu le contraire dans le séjour de la Nouvelle- Zemble. Et celui-là se tromperait encore qui croirait que c'est au moins dans nos climats une vérité nécessaire et éternelle, puisqu'on doit juger que la terre et le soleil même n'existent pas nécessairement, et qu'il y aura peut-être un temps où ce bel astre ne sera plus avec tout son système, au moins en sa présente forme. D'où il paraît que les vérités nécessaires, telles qu'on les trouve dans les mathématiques pures et particulièrement dans l'arithmétique et la géométrie, doivent avoir les principes dont la preuve ne dépend point des exemples, ni par conséquent du témoignage des sens, quoique sans les sens on ne se serait jamais avisé d'y penser... La logique encore avec la métaphysique et la morale, dont l'une forme la théologie naturelle et l'autre la jurisprudence, sont pleines de telles vérités, et par conséquent leurs preuves ne peuvent venir que des principes internes qu''on appelle innés. Il est vrai qu'il ne faut point s'imaginer qu'on puisse lire dans l'âme ces éternelles lois de la raison à livre ouvert, comme l'édit du préteur se lit sur son album, sans peine et sans recherche; mais c'est assez qu'on les puisse découvrir en nous à force d'attention, à quoi les occasions sont fournies par les sens'. » Suivant Leibniz, les connaissances nécessaires n'ont point d'objet extérieur, excepté celle qui se rapporte à l'existence de Dieu. « Dieu seul, dit-il, est Fobjet externe immédiat^. » Nous avons vu que pour lui l'espace n'est

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