‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 154 sur 261 · Nouveaux essais, liv. Il, chap. l · texte numérisé non relu

Nouveaux essais, liv. Il, chap. l

quelque aclion. « Les facultés sans quelque acle, dit-il, en un mot, les pures puissances de l'école ne sont que des fictions que la nature ne connaît point et qu'on n'obtient qu'en faisant des abstractions, et les tendances ne sont jamais sans quelque effet'. » D'après cela, il semblerait que parles idées innées Leibnizn'entendîtpas seulement, comme Descartes, une simple disposition à concevoir une pensée, mais une pensée confuse et comme déjà ébauchée. Cependant Leibniz lui-même, en d'autres endroits, pose en fait que l'action de la conscience peut se suspendre'^ et admet que les conceptions nécessaires sont quelquefois à l'état de pures facultés. « Pour que les connaissances, idées ou vérités, dit-il, soient dans notre esprit, il n'est point nécessaire que nous y ayons jamais pensé actuellement ; ce ne sont que des habitudes naturelles, c'est-à-dire des dispositions et aptitudes actives et passives, quelque chose de plus que tabula rasa. » Il est donc permis de croire que ce philosophe ne s'est pas beaucoup écarté de la manière dont Descartes considérait les idées innées.

Nous sommes heureux de pouvoir nous appuyer sur l'autorité de Leibniz, qui considère les conceptions géométriques et les conceptions morales comme des idées intérieures sans aucun objet externe, et pour ainsi dire comme les veines d'un bloc de marbre. Mais lorsqu'il ajoute que sa théorie s'accorde avec celle de l'auteur de y Essai, qui cherche une bonne partie des idées dans la réflexion de l'esprit sur sa propre nature, cela peut donner lieu à une équivoque qu'il est important de dissiper. On pourrait croire, en effet, que Leibniz regarde la distinction du bien et du mal et les connaissances mathématiques comme puisées uniquement danslesensintime;

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