Nouveaux esictis, liv. IV, chap. vni, ? I-'î'k
tie des vérités morales et des plus belles sentences des auteurs sont de cette nature ; elles n'apprennent rien bien souvent, mais elles fontpenser à propos àce que l'on sait. Cet ïambe senaire de la tragédie latine, Cuivis potest aC' cidere quod cuiquam potest, qu'on pourrait exprimer ainsi, quoique moins joliment : Ce qui peut arriver à l'un peut arriver à chacun, ne fait que nous faire souvenir de la condition humaine ^ Cette règle des jurisconsultes : Celui qui use de son droit ne fait tort à personne 2, paraît frivole : cependant elle a un usage fort bon en certaines rencontres et fait penser justement àce qu'il faut. Comme si quelqu'un haussait sa maison autant qu'il est permis parles statuts etles usances, et qu'ainsi il ôlàt quelque vue^à un voisin, on payerait ce voisin d'abord de cette même règle de droit, s'il s'avisait deseplaindre. Au reste, lespropositions de fait ou les expériences, comme celle qui dit que l'opium est narcotique, nous mènent plus loin que les vérités de la pure raison, qui nenous peuvent jamais faire aller au-delà de ce qui est dans nos idées distinctes 3. » Ce que Leibniz vient de dire des propositions demiidentiques peut s'appliquer aux propositions identiques et nous aider à soutenir contre lui, que les premières ne contiennent pas de vérités nécessaires. La proposition: Un homme sage est toujours un homme, est utile dans le cas où quelqu'un a parlé d'un homme sage, en oubliant toute la valeur du mot homme et où il faut lui remettre en mémoire que ce mot contient, dans la force deson acception, la possibilité de faillir. Or, en lui rappelant la signification de ce mot, on lui rappelle une donnée de l'expérience et non aucune vérité nécessaire. Si donc la proposition : Un homme sage est un homme, renferme une vérité d'expérience, il en est de même de celle-ci : Un