‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 166 sur 261 · Voy. plus haut, 1. 1«", liv. V, chap. ii, g · texte numérisé non relu

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toise, un stade à un stade, et ainsi sans nous arrêter jamais. 3> Il se flatte d'expliquer ainsi la perception et l'infini. Mais pour ajouter une chose finie à une chose finie, il suffit de l'observation, c'est-à-dire de la perception des sens et de la mémoire. Si nous pouvons ajouter en idée un stade à un stade, sans nous arrêter jamais, c'est que nous percevons l'infinité de l'espace, et cette perception ne peut pas s'appeler composition. Ce n'est pas parce que nous ajoutons le fini à lui-même que nous percevons l'espace infini, c'est parce que nous percevons l'infinité de l'espace que nous pouvons, sans nous arrêter Jamais, ajouter en idée les stades aux stades.

Locke entend par abstraction la faculté de se former des idées générales ; cependant une idée peut être abstraite sans être encore générale^. On peut penser à la forme d'un corps octogone, sans penser que cette forme appartient à plusieurs autres corps, et par conséquent on a une idée abstraite, qui n'est pas encore une idée générale. Il est'vrai que toute idée générale est d'abord une idée abstraite : en effet, lorsque l'on considère la qualité par laquelle se ressemblent plusieurs individus, on fait abstraction des qualités par lesquelles ils difîèrent, et plus l'idée est générale, plus elle est abstraite-. Mais l'abstraction est, comme nous l'avons dit, la nature même de la réminiscence; toute^réminiscence est un démembrement d'une perception primitive^ ; l'abstraclicn n'est donc encore qu'un mode de ce que Locke appelle la rétention.

En résumé, des différentes opérations ou facultés que Locke découvre en nous par la réflexion, il n'y en a qu'une qui soit véritablement distincte de la perception des sens et de la conscience : c'est la rétention, laquelle se décompose en réminiscence et en reconnaissance.

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