Ibid., t. II, liv. VII, chap. I, g
Toutes les autres ne sont que des modes ou des degrés de la rétention. Ces facultés, suivant l'auteur, ne font que composer ou décomposer les idées fournies par la sensation et la réflexion, de sorte que les matériaux de ces facultés sont les mêmes que ceux des deux premières; et il dit expressément que la sensation externe et la sensation interne sont les seuls principes de la connaissance pour l'esprit humain, et les deux seules fenêtres par lesquelles la lumière est introduite dans cette chambre obscure'.
Il ne serait cependant pas impossible de trouver dans l'Essai sur l'entendement humain quelque aveu implicite que ces deux facultés ne suffisent pas pour expliquer la formation de toutes les idées de l'intelligence humaine. « Je le confesse, dit l'auteur, il y a une idée qui serait d'un usage général pour l'humanité, puisque le mot qui l'exprime fait partie du langage commun : cette idée est celle de substance, que nous n'obtenons, ni ne pouvons obtenir par sensation ou par réflexion. Si la nature prenait soin de nous fournir quelques idées, on devrait espérer qu'elle nous fournirait celles que nous ne pouvons acquérir par nos propres facultés; mais nous voyons au contraire que, comme l'idée de substance ne nous vient pas par les deux routes qui amènent les autres idées dans notre esprit, nous n'avons pas une idée claire de la substance, et nous n'entendons par ce mot qu'une vague supposition de je ne sais quelle idée, c'est-à-dire de quelque chose dont nous n'avons pas d'idée particulière, distincte et positive, que nous supposons être le substratum ou le support des idées, que nous connaissons clairement 2. »
Il y a dans ce passage plusieurs assertions singulières à relever : premièrement, on suppose que nous n'avons