Essai, liv. IV, çhap. xi, §§ 13 et
2. Beyond the discovery of our sensés, liv. IV, chap. xvi, g 5.
3. Essai sur Verdendement himain, liv. IV. cliap. iv, J^S^S-IO^
4. Nouveaux essais sur VcntendeDicnt humain, liv. IV, cliap. iv, §§5-10.
elles auraient dû encore lui faire reconnaître une faculté intellectuelle distincte de la sensation et de la réflexion.
§ 3. Système de Condillac.
Leibniz s'était donné la tâche de combattre pied à pied le livre de Locke, dans son Nouvel essai sur l entendement humain. Malgré ses efforts, compromis surtout par sa fausse théorie sur l'harmonie préétablie et sur la prétendue nécessité des propositions identiques , la doctrine de Locke se répandit en Angleterre et en France. Dans ce dernier pays , elle fut adoptée par Voltaire , Diderot, Buffon , d'Alembert. Ce fut Condillac qui lui donna la forme la plus didactique. Il l'accepta d'abord tout entière et sans y rien changer, et ensuite il la rendit plus exclusive encore et plus incomplète.
Dans son premier ouvrage, le Traité de l'origine des connaissances humaines, publié en 1746, Condillac réduisit, comme l'avait fait Locke, toutes les facultés intellectuelles à la sensation et à la réflexion; mais dans un écrit postérieur, le Ti'aité des sensations, qui parut en 1754, il supprima la réflexion, ne la considérant plus que comme un mode de la sensation. Par le mot de sensation ou de perception, Locke avait entendu la connaissance des corps : de la sensation ainsi comprise, il distinguait avec raison la mémoire ou ce qu'il appelait la rétention, le plaisir et la peine, car la connaissance n'est pas toujours accompagnée de peine ou de plaisir, et ces phénomènes se manifestent quelquefois sans la connaissance i. Enfin, il séparait encore d'avec la sensation et d'avec le plaisir et la peine la volonté ou le pouvoir libre de vouloir, qu'il appelait la seule puissance active de l'âme 2. Suivant