Voy. plus haut, t. I^, liv II, chap. xi
celte théorie, la sensation nous donnait à connaitre les objets extérieui's matériels, et la réflexion nous faisait apercevoir la Sensation elle-même, et de plus, le plaisir et la peine et la libre volonté. Les idées fournies par la réflexion étaient donc tout à fait indépendantes des idées produites par la sensation, et il n'était pas possible de confondre ces deux facultés l'une avec l'autre. Mais Gondillac posa en fait que la mémoire n'était qu'une sensation affaiblie; que le plaisir ou la peine accompagnaient toujours la connaissance des objets extérieurs; que le désir est une peine d'un genre particulier, et que la volonté n'est que le plus impérieux de nos désirs *. La mémoire se confondant avec la sensation, la volonté étant un désir, le désir une peine, la peine un mode inséparable de la sensation, la réflexion n'avait plus à nous faire connaître que la sensation seule. En supposant qu'aucune sensation ou perception d'objets extérieurs ne se fait en nous sans que nous l'apercevions, Condillac arrivait à regarder la réflexion comme un mode inséparable de la sensation, etla sensation comme l'unique faculté de Tàme. Cette théorie est donc encore plus erronée que celle de Locke. D abord il n'est pas véritable que la conscience accompagne tous nos actes et que nous n'ayons aucune connaissance des objets extérieurs sans nous en apercevoir 2. La conscience peut se détacher de la perception des choses extérieures, ou, pour parler le langage de Locke et de Condillac, la réflexion se distingue de la sensation. De plus, nous avons vu que la mémoire n'est pas une sensation affaiblie, que le plaisir et la peine se séparent de la connaissance, et réciproquement, et que la volonté se distingue du désir 3. La réflexion nous montre