‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 172 sur 261 · Voy. plus haut, t. I", liv. VI, chap · texte numérisé non relu

Voy. plus haut, t. I", liv. VI, chap

3. Voy. plus haut, t, I", liv. VI, chap. m, g 9; t. il, ciiap. Vi, g 5, et t. P' , liv. II, chap. i et u.

PRIiNClPAL'X SYSTEiMDS SUR LES FACULTÉS 313

donc autre chose en nous que la sensation. En troisième lieu, nous soutenons contre Gondillac, comme nous l'avons soutenu contre Locke, que la sensation ne peut fournir la perception de l'infini, ni les conceptions morales et géométriques. Nous en dirons autant des actes intellectuels que nous avons renfermés sous le nom de croyance ^ Nous ne recommencerons pas ici une discussion que nous avons épuisée, soit en traitant directement des différentes facultés intellectuelles, soit en examinant les diverses théories sur l'intelligence ; nous nous contenterons de dire que Gondillac n'a point perfectionné la philosophie de Locke, comme on lui en a fait l'honneur, mais qu'ill'a rendue pire en la mutilant.

La tendaace de la philosophie de Gondillac, si l'on en déduit toutes les conséquences, est d'établir que nous ne connaissons que des choses matérielles, et que tous les objets de la pensée sont susceptibles de recevoir une représentation sensible, suivant l'expression de Diderot. Si l'on ne connaît que des objets sensibles ou matériels, il en résulte que l'on ne se forme aucune idée de ce qu'on appelle un esprit, telle que Dieu ou l'âme de Thomme; que nous n'avons aucune conception idéale delà vertu; que nous sommes déterminés dans nos actions uniquement parle plaisir ou le calcul de l'intérêt. On voitdfcnc comment la doctrine de la sensation en psychologie conduit au matérialisme en métaphysique et à l'égoïsme en morale.

§ 4. Des conséquences matérialistes que l'on tire de l'étymologie des mots .

On allègue en faveur de la doctrine de la sensation que tous les termes d'une langue ont une étymologie prise

Page 1